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Transport maritime

Dunkerque : la crise a modifié la structure des trafics

Par Hervé Deiss | Journal Marine marchande |08/02/2010|


En 2009 Dunkerque a perdu 22% de son trafic à 45 millions de tonnes. Les vracs solides ont fait les frais de la crise alors que les marchandises diverses voient leur poids s’accroître.

À Dunkerque, la diminution de trafic en 2009 affecte principalement les minerais. Ils perdent 40% de leur volume à 7,7 millions de tonnes (Mt). Le charbon suit la même tendance avec une diminution de 37% à 8.1 Mt. "En 2009, nous avons connu une année difficile avec la crise économique, a commencé Martine Bonny, présidente du directoire de Dunkerque Port. Le ralentissement de la sidérurgie a lourdement touché nos trafics de vracs solides."

Fin juin, les minerais ont affiché une perte de 67%. Sur la seconde moitié de l’année, ils ont rattrapé leur retard. Idem sur le charbon. "Nous observons que les trafics de minerais et de charbon des ports d’Europe du nord sont dans la même situation. Rotterdam, Anvers et Gand suivent cette orientation." Les autres vracs solides se sont calqués sur les minerais. Au total, ils perdent 35% à 22 Mt.


La part des marchandises diverses augmente

Les vracs liquides ne sont pas mieux lotis. Avec une diminution de 16% à 10,8 Mt, tous les flux de ce poste s’affichent en négatifs. Les importations de brut diminuent de 29% à 4,1 Mt et les raffinés s’étiolent de 8% à 7 Mt.

Il faut alors se tourner vers les marchandises diverses pour trouver un bilan plus positif. Si ces produits perdent 6% à 15,1 Mt, ils prennent une part de marché sur les trafics totaux. En effet, les marchandises diverses sont passées de 27,7% du trafic global en 2008 à 33,5 % en 2009.

Le trafic roulier a bien redressé la situation au cours des mois. Il termine l’année avec une diminution de 2% à 12,4 Mt après une baisse de 7,9% au premier semestre.

Quant aux conteneurs, leur retrait est de 1% à 212 000 EVP. "Un niveau qui frôle celui de 2008. Le point positif de ce courant se remarque sur les conteneurs pleins dont la progression est en hausse de 7,5%", souligne Martine Bonny. Les boîtes en entrée se maintiennent à 108 000 EVP alors que les expéditions perdent 2% à 104 000 EVP. "Nous n’avons pas à rougir de ce score. Les autres ports nord européens ont subi la crise comme nous", analyse la présidente du directoire.


Un carrefour pour le trafic conteneurisé

Le trafic conteneurisé est largement inscrit dans le projet stratégique présenté par la direction du port dans le cadre de la réforme portuaire. Ainsi, l’arrivée de lignes comme Sea Shipping Line, en remplacement de Bank Line pour la desserte des îles du Pacifique sud mais aussi la montée en puissance des escales du service FAL 3 de CMA CGM sur l’Extrême Orient et le feeder de MSC ont démontré de cette tendance à renverser les données traditionnelles du trafic dunkerquois. "Notre stratégie se développe autour de deux axes majeurs dans ce secteur, a indiqué Daniel Deschodt. Le premier vise le short sea, dans le sens du transport maritime à courte distance, l’autre axe concerne le transbordement."

Dunkerque veut se positionner comme un point nodal conteneurisé aux confins de la Manche et de la Mer du Nord. En parlant de transbordement, Dunkerque ne se place pas dans la course des "hubs portuaires" mais plutôt comme point d’interconnexion entre différentes lignes. Quant au "short sea", le port imagine développer des lignes avec les pays proches en Europe comme il l’a déjà fait sur la Russie avec l’armement Samskip. Il n’en demeure pas moins que le port souhaite conserver sa position de port d’hinterland avec un marché à desservir.

Lire la suite de cet article dans le Journal de la Marine marchande n°4703

 

Calais repousse la société commune avec Boulogne et Dunkerque

Selon Jean-Marc Puissesseau, président de la CCI de Calais, s'exprimant le 18 janvier à l'occasion de ses derniers vœux comme président de l'établissement appelé à fusionner avec Boulogne et Dunkerque au 1er janvier 2011, la création d'une société commune d'exploitation des deux ports est "très peu probable" en 2010. Tirant les leçons de l'audit financier mené récemment, le président calaisien estime que "la situation actuelle du port de Boulogne est incompatible avec le nécessaire équilibre économique d'une société, qui regrouperait les deux ports". Cette structure "sans aucune capacité d'investissement" mettrait en péril Calais 2015. De plus, le président Puissesseau ne digère toujours pas l'intrusion de Boulogne et de LD Lines sur le transmanche. Or, le lendemain soir à Boulogne-sur-mer, s'exprimant sur sa stratégie, le président de la CCI Francis Leroy affirmait être sur la voie du redressement financier… grâce au transmanche.
La fusion des CCI ne peut plus être remise. La société d'exploitation commune était le moyen de séparer les trois ports du foyer consulaire. C'est loupé. Tout comme le partage des présidences entre le dunkerquois Dominique Naëls, ex-pressenti président de la future CCI Côte d'Opale, et le calaisien Puissesseau, ex-impétrant patron de la société portuaire. La CCI Côte d'Opale se trouve surchargée de deux ports, et Calais détient de loin la majorité des recettes.

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