Alain Bréau : "le fluvial est une évidence pour les pré et post-acheminements"
PDG du groupe Mory, Alain Bréau affirme que le report modal de la route au rail va rester marginal jurqu'en 2020. Mais le président du conseil de surveillance du port de Rouen croit au fluvial, surtout dans la vallée de la Seine.

''Jusqu'en 2020, il faut s'habituer à vivre avec le camion car il n'y aura pas de report modal significatif'', affirme Alain Bréau, dirigeant du groupe Mory. © L. G.
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L'Officiel des transporteurs : vous ne croyez guère aux effets immédiats du report modal à moyen terme. Pour quelles raisons ?
Alain Bréau : Contrairement aux affirmations des politiques, il n’y a pas de solutions miracles ou de solutions opérationnelles convaincantes. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas prendre d’initiatives. Lorsque j’étais président de TLF, l’autoroute ferroviaire Perpignan-Bettembourg a été lancée. Aujourd’hui, l’association des opérateurs ferroviaires de proximité (OFP) existe. Mais ces exemples n’ont qu’un effet marginal. Il faut s’habituer à vivre avec le camion et rappeler qu’à l’horizon 2020 il n’y aura pas de report modal significatif. En parallèle, il ne faut pas créer de la fiscalité au nom du Grenelle. Le gouvernement invente une fiscalité nouvelle. C’est une politique punitive.
Quelle est votre lecture de la situation économique du TRM aujourd’hui ?
Le TRM subit les effets de la crise économique d’une manière considérable. Cela se traduit par une baisse d’activité des entreprises et une pression sur les prix. Or, les transporteurs ne peuvent baisser leurs prix de revient. À la suite de l’arrêté d’extension des accords sociaux signés le 11 décembre 2009, les salaires augmentent (+ 4% sur les bas salaires), les péages autoroutiers ne font qu’augmenter, le prix du carburant remonte. A contrario, le marché est baissier en volume. Les entreprises subventionnées, filiales d’entreprises publiques, risquent d’en profiter pour faire du dumping et prendre des parts de marché à leurs concurrents privés. Cela crée une distorsion de concurrence mortelle.
Vous présidez le conseil de surveillance du grand port maritime de Rouen (GPMR). Pourquoi êtes-vous un fervent défenseur du mode fluvial ?
Dans un marché d’importation de marchandises en provenance d’Asie, l’organisation logistique de l’approvisionnement français évolue. Le terrestre devient maritime et le maritime doit arriver en France par la voie fluviale. La vallée de la Seine est le nouveau barycentre économique pour le fluvial. C’est une infrastructure naturelle ; exceptés les travaux de dragage et d’approfondissement du fleuve, il n’y a pas d’investissements à consentir. Le budget du Canal Seine-Nord Europe oscille entre 3 et 4 milliards d'euros alors qu’il n’y a rien à dépenser pour naviguer sur la Seine.
Le fluvial est une évidence pour traiter les flux de pré et post-acheminements. À Anvers ou Rotterdam, ce mode représente 25% des post-acheminements, contre 2 ou 3 % en France. La marge de progression est considérable. Je vais m’y atteler avec le port du Havre et la communauté économique de la vallée de la Seine.

La gâchette et la plume

Un plein "on the rocks"
DÉFAILLANCES D'ENTREPRISES
587 entreprises du TRM en redressement, liquidation judiciaire ou procédure de sauvegarde au 2e trimestre 2010.
Source Coface
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Jours d'interdiction de circulation des poids lourds, réseau routier soumis à la future éco-redevance poids lourds, grille des salaires du transport routier de marchandises, la cote des cars, etc.



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