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ROUTE 13/03/2018

Grand Paris : un pacte pour la marchandise

Un pacte « pour une logistique métropolitaine » devrait être signé en juin 2018 entre les collectivités locales et les professionnels concernés par le Grand Paris. Parmi les idées qui devront être mises en œuvre, l’harmonisation des règles régissant la livraison dans la région parisienne, la mise en place d’un guichet unique pour les aides aux transporteurs routiers ou fluviaux… et le retour du TramFret.

L’idée de base – réfléchir en amont au volet « Marchandises » du Grand Paris – était plutôt intelligente : combien de grands projets urbains sont-ils sortis de terre sans tenir compte des exigences de la livraison en ville ? Encore fallait-il avoir la volonté de concrétiser le contenu des travaux du groupe dont faisaient partie le SNTL, la FNTR ou des entreprises comme Star’s Service ou La Poste, pour finaliser le futur « pacte pour une logistique métropolitaine » qui accompagnera la sortie de terre du Grand Paris côté « marchandises ». Cinq réunions ont eu lieu depuis le mois d’août 2017 pour identifier 12 actions prioritaires qui pourraient « contribuer à l’amélioration de la logistique des marchandises dans l’aire métropolitaine », selon Patrick Ollier, président de la métropole du Grand Paris ; reste, maintenant qu’elles vont être présentées aux 131 maires et aux 11 présidents des territoires concernés, à attendre leur approbation – prévue pour mai 2018 au plus tard – et présenter le document à la signature à mi-année. Les premières actions pourront alors voir le jour avant fin 2018.
Parmi les mesures envisagées, les incontournables aides à l’acquisition de matériels roulants jugés moins polluants que ceux fonctionnant au gazole. Le pacte prévoit la création d’un « guichet unique de la mobilité » à l’échelle du Grand Paris pour la distribution des aides et la création de commandes groupées pour les PME volontaires. Dans le même ordre d’idées, il entend multiplier le nombre de bornes de recharges électriques ou de stations GNV.

Parkings peu accueillants pour l’électrique

Cette idée n’a rien de novateur. Plus singulière est celle de demander à l’État d’assouplir les règles d’installation de recharges électriques dans les parkings souterrains : elle est issue de l’expérience de Chronopost qui, dans un des « garages » de la capitale, a installé 50 prises pour ses véhicules électriques. Sauf qu’il est impossible d’en utiliser plus de 15 simultanément « en raison des règles de sécurité ». Au passage, la charte voudrait aussi voir évoluer les normes de sécurité (sprinklers, cloisons coupe-feu…) qui accompagnent la réalisation de parkings destinés aux véhicules électriques. Pour que ces espaces leur soient ouverts, il faudrait parvenir à faire baisser les exigences en matière de sécurité et convaincre les collectivités d’aider financièrement les opérateurs désireux de procéder à ces travaux.
Le pacte évoque aussi l’harmonisation des règlements de voirie et de livraison dans la métropole. Les 131 communes du Grand Paris accueillent 62 % des mouvements de marchandises de la région mais ont chacune mise en place une réglementation spécifique. La charte propose de rédiger, d’ici à 2020, « un référentiel commun » qui prenne en compte, pour toute la zone, le gabarit des véhicules, les normes Piek – pour les nuisances sonores – et les différentes vignettes Crit’Air. Ce document serait aussi l’occasion d’élargir les horaires de livraison pour lutter contre la congestion.
Côté stationnement, la charte suggère de tester grandeur nature les aires de livraison « intelligentes », munies de capteurs et de caméras pour garantir leurs accès aux pros de la route, mais aussi le partage des couloirs de bus entre camions et transport public selon les heures. Le bilan de ces expérimentations permettra de choisir la technologie à mettre en œuvre sur l’ensemble du territoire.

Les gares comme « lieux stratégiques »

Le pacte envisage également d’utiliser les gares comme « lieux stratégiques » pour la logistique urbaine, sans pour autant entrer concrètement dans le sujet (un groupe de travail sera constitué pour préciser les expériences à mener). Il revient sur l’idée d’utiliser les rames du métro pour livrer des colis en heures creuses et recycle un autre serpent de mer, à savoir l’utilisation des infrastructures « voyageurs » de la SNCF en Ile-de-France pour faire passer des trains de fret.
Entre propositions iconoclastes et solutions frappées au coin du bon sens, il faut maintenant soumettre le pacte à l’épreuve du feu, c’est-à-dire à l’accord des élus. Ces derniers, qui n’ont que peu l’habitude de traiter du transport de marchandises, auront peut-être du mal à s’approprier le sujet. Nul doute que le pacte sera appelé à évoluer au cours des prochains mois !



UN ARTICLE DE BULLETIN DES TRANSPORTS ET DE LA LOGISTIQUE

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