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Serta : le tribunal de commerce d'Evreux décide la reprise partielle
Le tribunal de commerce d'Evreux a décidé le 27 août d'une reprise partielle de l'entreprise Serta. Ses salariés, qui ne voulaient pas des repreneurs présentés, avaient menacé de polluer la Seine et placé des bonbonnes de gaz sous leurs camions.

La reprise partielle de l'activité de l'entreprise Serta, décidée par le tribunal de commerce d'Evreux s'accompagne de licenciements. © D.R.
La reprise partielle de l’activité par "Service rapide des Flandres" s'accompagne de 94 licenciements sur 149, et implique la fermeture du site de Cavaillon (Vaucluse), objet d'une offre à part qui a été retoquée par le tribunal.
Serta Cavaillon perd 42 emplois, Serta Rouen (La Vaupalière) 15 sur 49, selon la décision du tribunal.
"Nous allons faire appel de la décision", a indiqué Jean-Pierre Villemin, délégué central CFDT. Dans un communiqué, la CFDT a en effet indiqué que "les salariés de Lille et Rouen contestent cette décision compte tenu qu'elle est significative d'une offre liquidative à un moindre coût et derrière laquelle il est évident que ce ne sont pas les emplois qui intéressent ce repreneur, mais plutôt l'opération financière". Le syndicat a précisé que les salariés allaient se réunir pour "décider" de la suite du mouvement.
Rappel des faits
Depuis le 14 août, les salariés "en colère" exerçaient une forte pression sur le tribunal, n’hésitant pas, à l’image de leurs confrères de chez New Fabris ou Nortel récemment, à s’emparer de l’arme médiatique en agitant la menace de l’explosion ou de la pollution.
Le conflit a débuté le 14 août par une grève des conducteurs, dans la foulée d’un CCE (comité central d'entreprise) à l’issue duquel les salariés venaient d’apprendre que Serta risquait de retomber entre les mains de leurs anciens patrons. Des dirigeants qu’ils accusent d’avoir provoqué la faillite de leur entreprise. Jusqu’à ce dépôt de bilan "collectif" fin novembre 2008. "Nous avons subi dans nos comptes d’exploitation une surcharge liée à la fois au gazole et à un recours trop important à l’intérim", déclarait à l’époque à L’Officiel des transporteurs (n°2481) Olivier Morel, président de Livra-Trans, la holding constituée au moment du rachat de Serta à Patrick Bounias en septembre 2006.
Sur 12 offres de reprise, 2 seulement auraient été retenues
En janvier 2009, Olivier Morel a supprimé 78 postes. Restent aujourd’hui 150 salariés, une centaine de cartes grises et du mobilier de bureau. Selon Jean-Pierre Villemin, délégué syndical central CFDT de Serta, 12 offres de reprise auraient atterri sur le bureau des deux administrateurs judiciaires en charge du dossier. Deux d’entre elles seulement auraient été retenues. Elles émanent de… Patrick Bounias, candidat à la reprise du site de Cavaillon pour lequel il propose 23 000 euros et de SRF (Services Rapides de Flandres), une société derrière laquelle les syndicats croient deviner la présence de Jean-Luc Charrière… ancien PDG de Serta SAS et actionnaire de Livra-Trans avant son éviction précipitée par Olivier Morel en février 2008.
L’ancien dirigeant propose, pour sa part, 20 100 euros pour le rachat de Lyon, Rouen et Lille. "Même pas le prix d’un camion", souligne avec ironie le syndicaliste. "Nous avons également découvert que l’un des dirigeants du cabinet qui a été mandaté par Olivier Morel pour plancher sur le PSE est également gérant de l’entreprise de TRM qui a hérité de parts de marché abandonnées par Serta", déclare Jean-Pierre Villemin.
Les politiques locaux, la préfecture de Seine-Maritime, le ministère du Travail et les organisations patronales se sont penchés sur ce dossier qui "sent le pâté à plein nez", selon Jean-Pierre Villemin. Il y a tout juste 10 ans, Serta Cavaillon figurait à la 16e place (et 1er transporteur) d’un classement établi par Le Figaro Economie et Coface SCRL, sur les 50 entreprises les plus performantes de la région PACA… Une autre époque.
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Lire aussi le blog de Nathalie Arensonas : "Les Serta veulent déverser de l'urée dans la Seine" |
DÉFAILLANCES D'ENTREPRISES
AU 1ER TRIMESTRE 2012
605 entreprises du TRM en redressement, liquidation judiciaire ou procédure de sauvegarde au 1er trimestre 2012. Source Coface.
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- Lire le dossier de L'Officiel des Transporteurs :
"Défaillances d'entreprises : la tendance repart à la hausse" (N°2642 du 27/04/2012 - accès abonnés)

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