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Le port de Marseille en convalescence
Le grand port maritime de Marseille sort groggy des longs mois de conflit qui ont accompagné la mise en place de la réforme portuaire. La paix semble revenue, mais tout n’est pas réglé pour autant.

La crise mondiale et les mouvements sociaux contribuent à une chute des trafics en 2009.
13% de baisse de trafic, sur les sept premiers mois 2009 par rapport à 2008, qui était déjà une année médiocre, une CGT du grand port maritime de marseille (GPMM) qui n’arrive plus à cacher ses dissensions – avec la création d’une section "bassins Ouest" soulignant les divergences de vue entre les personnels de Fos et de Marseille – et enfin des entreprises de manutention en situation délicate alors qu’elles vont devoir embaucher du personnel GPMM : la mise en place de la réforme portuaire a secoué le premier port français et continue encore de provoquer une forte houle.
"Au final, nous avons notre réforme"
Au niveau des trafics, le recul de 13% n’est bien sûr pas uniquement imputable aux grèves sporadiques qui ont agité le GPMM ces derniers mois. La crise mondiale en porte aussi une part de responsabilité. Mais il apparaît plus que probable que le port phocéen perdra non seulement des volumes, mais également des parts de marché en 2009. Le prix à payer pour faire rentrer la CGT dans le rang ? Sur les quais, beaucoup d’employeurs le pensent.
"Le jeu en vaut la chandelle, affirme un chargeur qui préfère taire son identité. Nous avons beaucoup perdu et la direction du GPMM a dû beaucoup concéder, mais au final nous avons notre réforme. Le problème des dockers a été résolu avec le premier volet de la réforme et je pense que celui des portiqueurs est en passe de l’être avec ce second volet. L’entrée des dockers dans des entreprises privées a permis de réduire le nombre de conflits. Il en sera de même avec les portiqueurs".
Scission historique de la CGT
Le bastion agents du GPMM de la CGT a volé en éclat. Sous les coûts de boutoir du gouvernement et du patronat local, lâchée par les dockers, la CGT GPMM a connu pour la première fois ce qui ressemble bien à une scission. Officiellement, il ne s’agit que de la création d’une section "Ouest". Dockers et salariés GPMM du terminal à conteneurs de Fos ont refusé d’aller plus loin dans un conflit qui menaçait la survie même du port. Les agents des bassins Ouest ont commencé par créer unilatéralement leur propre section syndicale avant d’annoncer le début d’un processus de fusion avec le syndicat CGT des dockers de Fos, dans le droit fil de la logique de la réforme portuaire.
Une reddition plus qu'honorable
Privés de l’appui de leurs camarades des bassins Ouest et des dockers, les grévistes des bassins Est ont finalement accepté la privatisation des activités de manutention du terminal à conteneurs de Mourepiane (Marseille). Une reddition honorable tant les avantages obtenus apparaissent importants. Intramar, la société censée les embaucher, ouvrira son capital au GPMM à hauteur de 34% selon la CGT. L’entreprise de manutention emploiera en outre la quarantaine de portiqueurs et une vingtaine des quarante agents du port autonome de Marseille, selon l’ancienne appellation, qui interviennent à Mourepiane. Elle rachètera 4 des 5 portiques du terminal. Cerise sur le gâteau, les agents bénéficient d’une très longue période de garantie de retour en cas de licenciement économique. "Vingt ans" affirment certains, "à vie" murmurent d’autres.
Intramar, déficitaire, n'a pas encore signé
Mais tout n’est pas encore joué. Car cet accord ne comporte pas la signature d’Intramar pourtant concernée au premier chef. Ses actionnaires (CMA CGM via Port Synergy possède 51% des parts) doivent accepter l’arrivée d’un nouvel actionnaire, le GPMM, qui bénéficiera d’une minorité de blocage.
De plus, Intramar perd de l’argent, 5 millions d'euros selon la CGT. Déjà déficitaire en 2008, le manutentionnaire devrait voir son chiffre d’affaires amputé d’un cinquième en 2009. La situation s’aggrave encore depuis quelques semaines, avec les mesures prises en juillet par le gouvernement algérien pour freiner les importations. L’Algérie génère plus du tiers de l’activité d’Intramar. Un trafic actuellement réduit de 50%. Il ne s’agit donc pas du meilleur moment pour embaucher une soixantaine de personnes. Des négociations doivent s’ouvrir dès la rentrée 2009 pour trouver un terrain d’entente avec le GPMM, c’est-à-dire fixer un montant que le port versera pour compenser les sureffectifs.
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