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Transport ferroviaire

Un plan de 7 milliards d'euros pour le fret ferroviaire

Par Hervé Deiss | Journal Marine marchande |16/09/2009| actualisé à 17h


Le gouvernement lance Fret Avenir, un plan ambitieux en faveur du transport ferroviaire de marchandises. L'enveloppe de 7 milliards d'euros sera financée par le grand emprunt national.

Transport ferroviaire - Un plan de 7 milliards d'euros pour le fret ferroviaire
Le gouvernement veut investir notamment dans les autoroutes ferroviaires et la multimodalité. © GPMH

Le plan Fret Avenir présenté le 16 septembre par Dominique Bussereau s’inscrit dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Devant le constat d’une baisse des parts modales du fret non-routier et non-aérien, le gouvernement veut inverser le processus. Il souhaite que la part des modes alternatifs passent de 14 %, actuellement, à 25 % à l’échéance 2022, alors que les modes écologiques emportaient 42 % de part modale en 1984.
Selon Dominique Bussereau, la réussite de cet objectif passe "par la reconquête de parts de marché par le fret ferroviaire. La croissance des modes les plus respectueux de l’environnement devrait en effet être assurée à 85 % par la route et à 15 % par le fluvial"


Le plan de relance en 8 points

Fret Avenir passe par huit actions :

  • La création d’un véritable réseau d’autoroutes ferroviaires cadencées. Il s’agit de développer et prolonger les trois autoroutes ferroviaires actuelles et de décliner ce concept sur la façade Atlantique. Enfin, une quatrième autoroute devrait interconnecter ces différents axes.
  • Le doublement du transport combiné. Cet objectif passe par "une politique publique nationale volontariste et en ligne avec les objectifs communautaire", continue Dominique Bussereau. Parmi les moyens, l’État devra mettre au point avec les professionnels un programme d’adaptation des terminaux aux besoins de demain.
  • La création des opérateurs ferroviaires de proximité (OFP). Ce point passe d’abord par une procédure législative et réglementaire. Les OFP doivent intervenir pour proposer des solutions pertinentes de services de transport dans des territoires de trafic peu dense et dans les ports.
  • Le développement du trafic fret à grande vitesse entre les aéroports. Le gouvernement soutien le projet porté par l’association Carex qui vise à mettre en place un service européen de fret ferroviaire à très grande vitesse reliant les grandes villes aéroportuaires européennes situées à deux ou trois heures de l’aéroport Charles de Gaulle.
  • La création d’un réseau orienté vers le fret. L’État demande à Réseau Ferré de France en se mobiliser sur un programme de soutien du développement du réseau ferroviaire dédié au fret. Une enveloppe de 1,5 milliard d'euros sera consacrée à ce projet.
  • La suppression des goulets d’étranglement, avec notamment le contournement de l’agglomération lyonnaise, de Nîmes et de Montpellier.
  • L’amélioration de la desserte ferroviaire des ports par un doublement de la part pour les pré et post acheminements par la création d’OFP.
  • Enfin, l’amélioration du service offert aux transporteurs afin de les intégrer dans le processus industriel et commercial.

 

La réaction des syndicats

Sud Rail: "Depuis 20 ans, l'État laisse le réseau classique se dégrader, optant pour le tout autoroutier et le tout TGV". "L'État pénalise le fret ferroviaire en multipliant par trois en 10 ans le montant des péages à payer à Réseau ferré de France (propriétaire des rails)". "La suppression rapide de 60% du trafic de wagon isolé et le transfert de ces trafics sur les camions de Geodis est en contradiction complète avec les engagements du Grenelle de l'environnement". Sud Rail redoute "une privatisation rapide par "morceaux" de l'entreprise publique SNCF avec la création de filiales fret spécialisées par produit".

Unsa : "Au-delà de l'annonce qui est positive pour le fret ferroviaire, rien n'est fait pour l'établissement public SNCF. D'après nos informations, les autoroutes ferroviaires, les TGV Fret, les opérateurs ferroviaires de proximité, tout cela sera développé via des filiales à l'intérieur du groupe au mieux, c'est inacceptable. Nous lutterons contre la filialisation de trafics qui sont bénéficiaires. Des cheminots, formés au sein de la SNCF, sont ensuite détachés dans le groupe SNCF et ses filiales, c'est inadmissible".

Fgaac-CFDT : "Nous sommes satisfaits des engagements mais reste le dossier difficile des suppressions de postes à laquelle on s'attend dans le fret. On améliore le réseau, l'outil et cela va faciliter le report modal (de la route vers le rail). L'arrivée de la concurrence ne pouvait pas seule favoriser le ferroviaire, alors que la qualité du réseau diminuait. Reste le gros dossier de l'harmonisation sociale dans le fret ferroviaire".

CGT : "Les projets de développement du fret ont un intérêt (...) au regard des enjeux de société" mais "est-ce que ce sera toujours sous maîtrise publique ?". Les projets annoncés "ne doivent pas être présentés comme justifiant la casse de 60% de la messagerie ferroviaire (wagon isolé) que pousse la direction de la SNCF".

La Fnaut (Fédération nationale des associations d'usagers des transports) "approuve le plan Fret mais s'interroge sur son efficacité". "Les investissements structurels prévus devraient contribuer à enrayer le déclin du fret ferroviaire". Mais "l'État et les collectivités continuent à encourager le trafic routier de fret avec de nouvelles autoroutes et voies rapides". "Un abandon du wagon isolé aujourd'hui, avant toute expérimentation avec des opérateurs de proximité, aurait un caractère irréversible et se traduirait par 2 millions de camions supplémentaires par an sur les routes".

AFP


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Les dernières réactions :


Date : 18/09/2009 de agro

On veut maintenant doubler le combiné. Alors, pourquoi avoir laissé mourir CNC Transports ? Quel gâchis !


Date : 16/09/2009 de Visiteur

C'est quoi "l'alliance du train et des cargo" ?

à noter que Eurocarex ne serait pas dans cette liste de projets soutenus...

 Vive le ferroviaire, mais à foncer tête baissée avec des projets qui n'ont pas encore ou pas du tout fait leur preuve, on risque là de payer très cher la tonne de carbonne économisée...



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