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Transport combiné rail-route : Luc Nadal fait le point
Dg adjoint de la branche Transport et Logistique à la SNCF, Luc Nadal a la lourde charge d'y mettre en œuvre "un nouveau transport écologique de marchandises". Il fait le point dans une interview sur l'avenir du transport combiné.

Luc Nadal, Dg adjoint de la branche Transport et Logistique (SNCF), est l'artisan du renouveau de Naviland Cargo. © DR
L'Officiel des transporteurs : Quels sont encore les handicaps du combiné en France ?
Luc Nadal : J’en citerai trois. Le premier, lié à l’histoire des réseaux ferroviaires, c’est d’être insuffisamment européen. Les problématiques d’interopérabilités, les logiques très nationales du transport ferroviaire de fret expliquent cette absence d’offres internationales. Laquelle est également liée aux logiques managériales au sein des opérateurs français. Novatrans a longtemps travaillé en coopération avec ses homologues étrangers et n’a pas pris le virage de l’ouverture du marché de la traction. L’opérateur n’a pas compris que cette libéralisation lui imposait de s’ouvrir lui-même à l’Europe. On se retrouve donc avec des lignes franco-françaises comme Dourges-Perpignan, mais dont une grande part de l’activité s’adresse aux transporteurs routiers internationaux qui font du Belgique-Espagne. Si un terminal à la frontière espagnole peut se comprendre avec les incompatibilités techniques (écartement de voies), en revanche le terminal du Nord aurait très bien pu être en Belgique ou au cœur de la Ruhr.
Le deuxième handicap, c’est une structure de coût trop élevée. Pour attirer les routiers, le prix proposé doit être compétitif. Actuellement il ne permet pas à Novatrans, et aux opérateurs en général, d’atteindre l’équilibre économique qu’au prix d’un très important taux de remplissage. La structure de coûts portée par un opérateur est très proche du prix de vente d’équilibre. Il y a donc une vraie difficulté pour les opérateurs à disposer d’une offre économiquement attractive. D’autant que pendant longtemps, c’est le tractionnaire qui a fait la compétitivité de l’offre rail-route en vendant sa traction en dessous de ses coûts. Mais avec l’ouverture à la concurrence, Fret SNCF a eu tendance à rehausser ses prix à hauteur de ses coûts. Cette augmentation tarifaire a mis les opérateurs de combiné en difficulté puisque Novatrans déclare que son point d’équilibre est atteint avec un taux de remplissage de 85 %. Si le taux d’équilibre était ramené à 75 %, le combiné rail route se porterait économiquement beaucoup mieux et pourrait renouveler ses actifs.
Et le troisième handicap ?
C’est la disponibilité de l’infrastructure. Un opérateur se doit d’offrir un service quotidien régulier de qualité. Or, la forte volatilité des sillons constitue une difficulté que nous ne connaissons que depuis 2007 avec les nombreux travaux de rénovation du réseau. Si cette dernière est nécessaire, nous attendons toutefois une plus grande attention de RFF pendant son déroulement pour que les opérateurs puissent continuer à disposer d’une offre de qualité.
La non qualité de la traction est aussi préjudiciable…
Bien évidemment, ce constat n’exonère pas les tractionnaires de leurs responsabilités. Il nous reste encore du travail à faire pour assurer un haut niveau de qualité et de fiabilité aux clients.
Le service rendu par la traction de Naviland Cargo est saluée. Pourquoi ne pas reproduire le modèle chez Novatrans ?
Je souhaitais créer une filiale de traction pour le combiné au sein de laquelle les cheminots auraient trouvé toute leur place. Mais les syndicats ne veulent pas de ce type d’entité, je le regrette. Il faut donc trouver les voies au sein de l’entité spécialisée située dans Fret SNCF pour assurer le même niveau de fiabilité. C’est plus difficile. Le projet porte sur la création d’une entité spécialisée avec ses conducteurs au sein de Fret SNCF. Encore faudra-t-il qu’elle fasse la preuve qu’elle est capable de délivrer le service attendu au coût attendu… et qu’elle arrête de faire des pertes. Si elle n’y arrive pas, les opérateurs de transport combiné trouveraient sur le marché les solutions qu’ils attendent. Novatrans s’est ainsi engagée à faire jouer la concurrence pour sa traction dès 2011. Ses premiers appels d’offres, ligne par ligne, devraient être lancés au début 2010.
Lire la suite de cette interview dans l'Officiel des transporteurs n°2527 du 27 novembre 2009 (réservé abonnés) :
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AU 1ER TRIMESTRE 2012
605 entreprises du TRM en redressement, liquidation judiciaire ou procédure de sauvegarde au 1er trimestre 2012. Source Coface.
- Consulter la liste (accès abonnés)
- Lire le dossier de L'Officiel des Transporteurs :
"Défaillances d'entreprises : la tendance repart à la hausse" (N°2642 du 27/04/2012 - accès abonnés)

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