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États généraux du transport routier : les attentes des divers partenaires

Par Slimane Boukezzoula | l'Officiel des transporteurs |22/01/2010|


Lancés le 19 janvier par Dominique Bussereau, les états généraux du transport routier ont mis en place trois groupes de travail. Autour de la table, organisations patronales, syndicats et représentants de l'État ont des attentes diverses.

Transport routier de marchandises - États généraux du transport routier : les attentes des divers partenaires
De g. à dr. : Jean-Paul Deneuville et Jean-Christophe Pic, dirigeants de la FNTR, Catherine Pons, présidente de l'Unostra, aux états généraux le 19 janvier. © N. A. sep

La mise en place des trois groupes de travail des états généraux du transport routier a donné lieu à une véritable course à la présidence ou à la vice- présidence, selon l’aveu de l’un des participants. Le premier groupe, "Performance économique du TRM", devait être présidé par la FNTR (qui a finalement décliné l'offre dans un communiqué du 22 janvier), et coprésidé par la CGT. Le deuxième, "Attractivité des métiers et Formation", est piloté par TLF et copiloté par la CFDT. Quant au troisième, "Rénovation de la convention collective", il échoit respectivement à l’OTRE et à la CFTC.

Pour ce dernier groupe, Dominique Bussereau a annoncé le 19 janvier la nomination d’un inspecteur générale des Affaires sociales qui doit effectuer un audit de la convention collective. Ce groupe doit inclure dans sa réflexion l’ensemble des secteurs sous le champ de la-dite convention collective, les deux autres groupes étant limités au seul TRM.

À noter que les postes occupés par les syndicats de salariés sont trustés par la CFDT, la CGT et la CFTC. FO et la CFE/CGC disent avoir souhaité ne pas entrer dans la course aux postes. "L’important n’est pas de savoir qui préside les commissions, mais ce qui va en sortir", déclare Frédéric Bérard, le représentant de la CFE/CGC à ces états généraux. Quid du front uni affiché par l’intersyndicale en décembre au moment des menaces de blocages sur les sites logistiques ? "Il existe des tensions mais, pour le moment, il y a plus d’intersyndicale que d’inter-fédérale", précise Patrick Vancraeyenest.


Le préalable de la FNTR

Pas de médiateur autour de la table de réunion le 19 janvier. Dominique Bussereau assure que "pour l’heure, on n’en a pas besoin. Si cela est nécessaire, on les remettra dans la boucle". Il ne faudra peut-être pas attendre très longtemps si l’on en croit Frédéric Bérard. "Nous avons déjà réclamé l’intervention d’un médiateur tant la FNTR affiche sa mauvaise volonté", affirme le représentant de la CGC. Ce que Gilles Mathelié-Guinlet, secrétaire national de l’OTRE, traduit dans un langage plus diplomatique (sans nommer sa consœur) : "Il semble que certains des partenaires aient décidé de ralentir la cadence".

Depuis l’accord du 11 décembre, la FNTR n’a en effet pas caché son opposition à ce qu’elle a appelé "la nuit des dupes". C’est la raison pour laquelle Jean-Christophe Pic, son président, a, le 19 janvier, posé comme préalable d’obtenir des réponses à un certain nombre de questions (voir encadré). "Cela va être difficile d’avancer sur l’ensemble des ateliers s’il n’y a pas de partage des objectifs ni d’engagement de l’État au moins sur l’abaissement du coût du travail", estime Nicolas Paulissen, délégué général adjoint de la FNTR. Lequel ajoute : "Si nous obtenons des réponses à nos questions, nous sommes prêts à nous engager sur trois chantiers : améliorer la compétitivité des entreprises, mettre le TRM au cœur du développement durable, et moderniser la convention collective".


L'État prêt à discuter de la représentativité

L’État a-t-il en la matière quelque chose dans sa besace ? "Une discussion à deux ne consiste pas à se mettre à deux pour demander à l’État ce qu’il peut donner", répond laconiquement Dominique Bussereau, selon lequel l’extension de l’accord à toute la profession suit son cours. "Elle se fera. L’État en a pris l’engagement". Sur la question de la représentativité, le ministre répond qu’"elle figurera dans les débats des états généraux", et qu’il a "bien compris que cette question était importante".
Il ajoute néanmoins : "Je crois qu’aucune profession ne peut s’affranchir du dialogue social. Les TPE sont justement des lieux de dialogue social car patrons et employés se connaissent".


OTRE : préserver l'outil de travail

Pour sa première grand-messe, l’OTRE se déclare "assez satisfaite". L’organisation présidée par Bernard Lataste estime, à l’instar de Patrick Vancraeyenest, que "le train ne passera pas deux fois". C’est sur la base du constat selon lequel "les salariés sont importants mais il faut préserver l’outil de travail" que s’engage l’OTRE dans ces états généraux. "Nous espérons que nous pourrons avancer sur quelque chose de plus moderne, en adéquation avec le travail et la qualification des salariés aujourd’hui", souligne Gilles Mathelié-Guinlet. Lequel assure que la notion d’État-providence "ne correspond pas à la vision de l’OTRE".
Les états généraux entreront dans le vif du sujet les 10 février (Performance économique et Attractivité du métier) et 11 février (la convention collective). Les réunions (bimestrielles) se tiendront à l’Arche de la Défense (Paris), siège de la DGITM, Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer.

Les cinq questions posées par la FNTR

Jean-Christophe Pic, président de la FNTR, a posé comme préalable à une participation aux états généraux le 19 janvier d’obtenir des réponses aux cinq questions suivantes :

– Quels sont les objectifs des états généraux ?
– Que deviennent les engagements de l’État liés au rapport du CAS et à la mission Liebermann ?

– l’État est-il prêt à s’engager financièrement ?
– l’État agit-il comme régulateur ou comme propriétaire de SNCF-Geodis ?
– Y aura-t-il une clarification sur la représentativité des organisations professionnelles ?

"Il existe une véritable inquiétude autour de ces questions. On ne peut pas construire sur un accord forcé. Tout le monde a l’air de dire «on verra en marchant». En fait, on ne sait pas où l'on va" a déclaré Nicolas Paulissen.

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