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Transport maritime

Les conteneurs noient les comptes d'AP Møller Mærsk

Par Hervé Deiss | Journal Marine marchande |12/03/2010|


Le groupe AP Møller Mærsk a présenté de mauvais résultats 2009 : son chiffre d'affaires a plongé en raison de pertes importantes sur le transport conteneurisé. La remise à flot dépendra principalement des taux de fret des conteneurs.

Transport maritime - Les conteneurs noient les comptes d'AP Møller Mærsk
En 2009, le résultat net du groupe Moeller-Maersk est passé dans le rouge. © Mærsk sep

Nils Smedegaard Andersen, PDG du groupe AP Møller Mærsk, n'a pas caché son désarroi face aux résultats financiers qu'il a présentés le 4 mars. Avec un chiffre d'affaires global de 48,5 milliards de dollars, le groupe armatorial de Copenhague a perdu 20,7% en 2009.

L'Ebitda suit le volume d'affaires. Il perd 44,2% à 9,16 milliards de dollars. Le résultat net du groupe est passé dans le rouge. Il perd 129,6% et plonge à une perte nette de 1,02 milliard de dollars. "Nous avons connu une année difficile", a commencé Nils Smedegaard, lors de la conférence de presse.


Recentrage du portefeuille d'activité

Des difficultés que le groupe a notamment rencontrées sur son activité conteneurs. La répartition des résultats nets par activité montre que la partie conteneur est la seule à afficher des pertes à hauteur de 2,08 milliards de dollars. Les autres parties, y compris les terminaux portuaires, sont demeurées positives. "Au cours de l'année passée nous avons continué à ajuster nos coûts pour conserver notre rentabilité, a indiqué le président-directeur général. De plus, nous avons recentré notre portefeuille d'activité".

La principale activité à avoir entraîné les comptes du géant danois dans le rouge a été les conteneurs. Avec un volume de 13,8 MEVP transportés en 2009, AP Møller Mærsk a perdu 1%. Plus grave, les taux de fret se sont effondrés de 28%. Au cours de l'année passée, la variation des taux de fret a été forte. Sur le premier semestre, les taux ont perdu quelque 25%. Depuis le début de l’été, ils ont tendance à remonter par palier pour revenir en janvier 2010 aux niveaux auxquels ils étaient un an plus tôt.


Une hausse pérenne ?

Pour demeurer dans le marché, Mærsk a entrepris, comme ses concurrents, de diminuer ses coûts. La première décision a été de réduire la vitesse des navires pour baisser de 5% les coûts du voyage. Devant la baisse de la demande, l'armement a été amené à mettre à l'ancre 12% de sa flotte. Enfin, l'armement a envoyé à la ferraille 3% de sa flotte, mais en a reçu 3%. "Nous avons aussi reporté des livraisons de nouvelles unités pour éviter de créer une surcapacité sur le marché", a continué le président-directeur général.

Sur le dernier trimestre de l'année, les comptes affichent une remontée. "La situation des taux de fret sur le dernier trimestre 2009 et les premiers mois de 2010 sont à la hausse. Nous ne sommes pas dupes. Cette hausse sera-t-elle pérenne ? Nous pensons qu'il s'agit d'une variation liée aux besoins de refaire les stocks plus qu'une tendance lourde à la reprise du marché", a amèrement souligné Nils Smedegaard Andersen.

Lire la suite de cet article dans le Journal de la Marine marchande n°4710 du 12 mars 2010.

 

Des réductions de coûts qui visent les marins

Lors de la conférence de presse, les dirigeants ont largement insisté sur les réductions apportées au cours de l'année. "Nous devons rester dans la compétition, ont-ils répété. Nous avons maintenu nos efforts pendant toute l'année."

Ces réductions ont concerné la structure. "Nous avons abandonné notre organisation selon des régions pour nous concentrer sur nos marchés. Nous travaillons actuellement à l'amélioration de nos systèmes informatiques". Ces changements d'organisation n'ont pas épargné le personnel. Le groupe s'est lancé dans un grand mouvement qui a touché les personnels sédentaires mais aussi navigants. En novembre, le groupe a annoncé en Grande-Bretagne vouloir changer la structure des équipages en embauchant des marins philippins en lieu et place des officiers britanniques. Est-ce une première ou cela pourrait-il perdurer ? "Nous devons continuer à ajuster nos efforts aux nouvelles conditions de marché et même les accélérer si nous voulons battre nos concurrents", a confié la direction du groupe.

Cette compétitivité concerne aussi les équipages des navires. "Les coûts des équipages varient en fonction du pavillon, et la concurrence est si dure que même les marges comptent. Nous allons examiner attentivement les coûts et les compétences des marins et ainsi adapter nos coûts pour rester dans la compétition", a indiqué un responsable du groupe.

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