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Timide démarrage de l'autoroute de la mer entre Montoir et Gijon
La première autoroute de la mer entre Montoir-de-Bretagne (Nantes Saint-Nazaire) et le port espagnol de Gijon a été inaugurée le 16 septembre sur fond d'agitation sociale. Pour l'heure, elle s'apparente plus à du cabotage qu'à une autoroute de la mer.

Le Norman Bridge est le navire ro-pax effectuant la liaison franco-espagnole Montoir Gijon. © M. Faucompré
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C'est finalement à Gijon, en Espagne, et non à Nantes Saint-Nazaire dont le site a été bloqué par des manifestations d'ouvriers portuaires, que le ministre espagnol des Transports et Dominique Bussereau ont inauguré la première autoroute de la mer qui a ouvert entre les deux ports le 16 septembre 2010. But de cette nouvelle ligne : désengorger les axes routiers transpyrénéens, notamment la nationale 10, et réduire l'impact environnemental du transport de fret en transférant les camions de la route vers la mer.
L’opérateur GLD Atlantique devrait perdre un de ses partenaires, Grimaldi Lines pour être exploité par le seul Louis Dreyfus Armateurs. Elle est opérée par un navire de type roulier passagers, dit "ro-pax", d'une capacité de 150 remorques et pouvant accueillir jusqu'à 800 passagers. Au démarrage, trois allers-retours hebdomadaires sont prévus, pour viser ensuite une augmentation de rotation (7 départs), favorisant ainsi un transfert plus important de la route vers la mer.
"Du cabotage amélioré"
Début septembre 2010, Joël Batteux, dans les colonnes du quotidien Presse Océan, ne semblait pas emballé par l'ouverture de cette ligne : "C'est un bon signe. C'est du cabotage amélioré, pas une autoroute de la mer (...). L'État et l'Europe ne savent pas installer une taxe sur les transports routiers. Le lobby fait peur, mais personne ne discute avec lui (...). L'offre n'est pas tout à fait substantielle (...) et, si ça se plante, ce sera pour longtemps."
Même analyse de Gilles Denigot, ex-docker à Montoir, conseiller général Verts, pour qui la liaison Montoir-Gijón et ses trois rotations par semaine ne sont qu'un ersatz d'autoroute maritime. Il est vrai que l'on est loin du concept de départ préconisé en mars 2003 dans le rapport du sénateur de Richemont, c'est-à-dire une liaison cadencée de navires rouliers entre la France et l'Espagne, avec trois départs quotidiens depuis chaque port et la construction de six navires rouliers dédiés à ce trafic. Le port de Nantes Saint-Nazaire, en association avec celui de La Rochelle, avait même proposé, en 2004, une autoroute maritime transgascogne entre Montoir et Bilbao, avec six navires. Ce projet a été approuvé par le Comité interministériel d'aménagement du territoire. Il devait revenir à 400 millions d'euros.
Un projet subventionné
Ce projet, avec un autre, figure parmi les 22 projets sélectionnés par la Commission européenne dans le cadre du programme Marco Polo en 2010, bénéficiant à ce titre d’un financement de 4 millions d'euros. Le 2 juillet 2010, le Parlement français a ratifié le décret sur la sélection, la mise en œuvre et le financement des autoroutes de la mer entre la France et l’Espagne sur la façade Atlantique-Manche-mer du Nord. Le Parlement espagnol l’ayant approuvé le 20 mai. L’accord limite à 15 millions d'euros le montant des subventions de chaque État à chacun des groupements. Il stipule que l’ensemble des aides publiques et communautaires aux exploitants ne devra pas dépasser 35% des coûts.
L’autre autoroute de la mer entre Montoir et Vigo, d’une part, et entre Algésiras, Vigo et Le Havre d’autre part, devrait être exploitée, en 2011 par Autopista del Mar Atlantica, constituée par la Compagnie maritime Trasmediterrranea avec les ports concernés.
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L'avis des transporteurs routiers Si les horaires de départ de Montoir-St-Nazaire sont adaptés aux besoins des transporteurs français de l’Ouest, reconnaît Richard Gazeau, président de TLF Ouest, le contexte économique de l’Espagne n’est pas des plus favorables. "Il n’y a plus beaucoup de Français à pratiquer l’Espagne, sinon en affrétant des transporteurs autochtones. Par ailleurs, les prix annoncés n’offrent pas d’avantages par rapport au tout-routier sauf à pouvoir placer une noria de remorques avec un relais de chauffeurs dans les deux ports". Côté espagnol, Raul Busto Valcarcel pratique ainsi depuis 32 ans sur la liaison Ro-Ro Vigo-Montoir. Il a testé la première rotation Gijon-Montoir avec trois semi non accompagnées. Il pourrait, dit-il, l’utiliser les jours où sa ligne habituelle n’est pas en service. Il juge toutefois le coût — 450 euros en accompagné et 520 euros en non accompagné — peu compétitif. "C’est sensiblement le même prix que Vigo-Montoir alors que la traversée dure moitié moins longtemps". P. de Sagazan (L'Officiel des transporteurs)
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