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Infrastructures routières : la RCEA fait toujours débat
La Route Centre Europe Atlantique (RCEA) sera-t-elle mise en concession autoroutière ? Thierry Mariani consulte les parlementaires qui défendent plutôt une 2x2 voies sécurisées. La réponse, très délicate, est attendue avant le 29 juin 2011.

Gérard Voisin, député de Saône-et-Loire, prône un recours à l'emprunt financé par l'écoredevance PL. © L. Guarino
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Mais les difficultés ont déjà commencé. Pour preuve : le 24 mai 2011, le secrétaire d'État chargé des Transports, Thierry Mariani, a reçu un premier groupe de parlementaires UMP concernés par le dossier. Comme si l'État découvrait l'ampleur de sa mission. "L'objet de cette rencontre était d'évoquer les problématiques de réalisation et de financement de la mise à 2x2 voies, indique le sénateur-maire de Mâcon, Jean-Patrick Courtois. Il ressort de cet entretien que la proposition de financement par l'écotaxe pose effectivement de nombreuses difficultés, en particulier sur les questions d'équilibre budgétaire et de faisabilité juridique."
Trois scenarii se détachent
"Je ne juge pas la démarche de Thierry Mariani, remarque Gérard Voisin, député-maire de Charnay-les-Mâcon. Je constate que j'ai été reçu seul par le secrétaire d'État alors qu'il aurait été plus simple de m'associer au groupe UMP reçu quelques heures plus tôt."
Tension politique au sein du groupe UMP ? Lobby sénatorial ? On se demande si le dossier de la RCEA ne va pas sombrer dans la joute politicienne et délaisser l'essentiel. Or vu la mortalité routière, il est urgent d'achever les travaux, soit 85 km en Saône-et-Loire et 75 km dans l'Allier, sur les 240 de l'itinéraire Mâcon-Montmarault.
À l'issue du débat public qui s'est achevé en février 2011, trois scénarii se détachent : celui du maître d'ouvrage (l'État) avec une concession à six barrières de péage à l'horizon 2017-2020 ; celui du député UMP, Gérard Voisin avec recours à l'emprunt financé par l'écoredevance ; et celui de la concession avec deux barrières de péage. "Le conseil général s'appuie sur la légalité du débat public", dit-on au cabinet d'Arnaud Montebourg, son président. Mais curieusement, la DREAL de Bourgogne n'a pas examiné la proposition de l'édile socialiste. Du coup, les services du conseil général ont adressé des compléments d'informations permettant à l'État de vérifier la crédibilité du scénario départemental et de ne pas décider sans avoir la preuve confirmée de sa faisabilité. Seule certitude : Arnaud Montebourg a sollicité un entretien avec Nathalie Kosciusko-Morizet.
Casse-tête local
"Si l'État maintient sa proposition de concession avec six barrières de péage, ce sera une sanction pour le territoire, poursuit le cabinet d'Arnaud Montebourg. S'il retient la concession avec deux barrières de péages, cela générera une fragilité juridique source de contentieux."
En conséquence, si l'État écarte l'option départementale, l'élu socialiste prévoit d'organiser un référendum le 4 septembre 2011 afin de solliciter les 18 cantons concernés, soit 120 000 habitants. "Lors de mon entrevue, j'ai rappelé à Thierry Mariani que l'option de la concession poserait une difficulté politique, analyse Gérard Voisin. Je ne souhaite pas tomber dans le débat politicien avec Arnaud Montebourg. Il faut être constructif."
D'autant que pour les transporteurs, si la concession est choisie, l'impact financier équivaut à 0,24 euro du kilomètre contre 0,12 à 0,14 euro pour une 2x2 voies sécurisées. "Si la concession n'est pas retenue, l'État mettra des années à achever les travaux, prévient Alain Lassalle, président de la FNTR de l'Allier. Le transporteur local évite d'emprunter la RCEA car c'est la route de l'enfer. Notre position consiste à dire que la sécurité n'a pas de prix."

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"Défaillances d'entreprises : la tendance repart à la hausse" (N°2642 du 27/04/2012 - accès abonnés)
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