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19/07/2011

Prix du carburant : les variations du brut répercutées plus vite à la hausse qu'à la baisse

Un rapport du Research Lab montre que sur vingt ans, les prix des carburants à la pompe suivent plus vite la hausse du Brent que sa baisse. Pour 1% de variation, le gazole prend 0,12% à la hausse, et 0,07% à la baisse.

Dans un monde idéal, le cours du brut devrait influencer directement les prix à la pompe, à la hausse comme à la baisse. Les consommateurs pressentent bien qu'il n'en est rien, mais il aura fallu un premier rapport de la DGCCRF en mai 2011, puis un travail des économistes du Research Lab, lié à l'ESG Management School, pour que la réalité à la pompe soit étudiée à la loupe.

Le laboratoire français a passé au crible des données sur vingt ans pour réaliser son étude : d'un côté le prix du Brent, exprimé en euro et en dollar, de l'autre ceux du gazole et du sans plomb 95 recensés par le ministère du Développement durable.


L'effet amortisseur de l'euro

Premier constat, à mettre au crédit des pétroliers, "la flambée du cours du pétrole que nous avons connue cette dernière décennie n'a pas été intégralement reportée dans les prix des carburants". En effet, si l'on part comme les analystes d'une base 100 au 4 mai 1990, le gazole hors taxes n'atteint "que" 389 le 29 avril 2011 alors que le Brent en euros s'affiche à 643. Exprimé en dollars, c'est pire puisque l'on atteint 775.

Cela signifie que l'effet amortisseur de l'euro face à la monnaie américaine a joué à plein et que les pétroliers n'ont pas répercuté l'ensemble de la hausse de leurs coûts fixes, comme les coûts de raffinage ou de distribution. Il n'y a cependant pas lieu de se réjouir trop vite puisque précédemment, en tous les cas entre 1993 et 1999, "les prix de vente TTC ont présenté une hausse supérieure à celle du brut" alors que les prix hors toutes taxes suivaient les cours.


Les coûts de déstockage plus élevés que ceux du stockage

Grosso modo, les experts du Research Lab vérifient que les hausses et les baisses du brut sont répercutés sur les prix à la pompe. Cependant, "cet ajustement est plus faible dans le cas d'une baisse du prix du brut que dans le cas d'une hausse du prix du brut", affirment-ils, estimant que pour 1% de hausse exprimé en euro, dans la semaine, le gazole augmente de + 0,12% alors qu'une baisse du même pourcentage du brut n'entraîne à la pompe qu'une baisse de 0,07% du prix. Pire, "cette différence demeure 10 semaines après le choc de prix initial".

Parmi les raisons de ces différences de répercussion, le coût du déstockage chez les pétroliers, "qui peut être supérieur au coût du stockage". Ce surcoût peut être intégré au prix final du carburant quand le déstockage est à l'origine de la mise sur le marché du produit.

Autre élément à prendre en compte, les différences de "stratégie" des distributeurs : elles peuvent varier en fonction de la hausse et de la baisse des prix de l'essence. En clair, contre l'envie de faire de la marge à un moment donné et de cacher cette ambition derrière de soi-disant fluctuations des cours au plan mondial, il n'y a rien à faire. François Baroin, qui voulait tirer les oreilles des pétroliers, en sera pour ses frais.

 

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              Prix du carburant : les variations du brut répercutées plus vite à la hausse qu'à la baisse
Les économistes du Research Lab confirment les résultats de l'enquête de la Direction de la concurrence et prouvent ce que les consommateurs pressentaient. © Fotolia
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