Le président du Conseil Route de TLF tire le signal d'alarme
Patrick Lahaye, PDG des Transports Lahaye, est aussi président de TLF Bretagne et du Conseil Route de TLF, la Fédération des entreprises de transport et logistique de France. Il répond aux questions de l'Officiel des Transporteurs sur la santé actuelle des entreprises du secteur.

Patrick Lahaye, président du Conseil Route de TLF © DR
L'Officiel des Transporteurs : Qu'est-il ressorti du Conseil Route de TLF du 25 septembre ?
Patrick Lahaye : Nous avons effectué un tour d'horizon de la conjoncture. C'est plutôt l'inquiétude qui domine dans les entreprises. Pour le reste, nous sommes toujours aussi remontés contre les sociétés d'autoroute. Nous allons nous rapprocher de la DGCCRF afin d'étudier les actions possibles. Il n’est pas sain que nous apprenions les augmentations par la presse. Il faut bien le dire : nous avons été victimes d'une arnaque sur fond d’abus de position dominante. À l'occasion de cette réunion, nous avons également abordé la question de l'application de la loi TEPA sur la totalité des heures de nos conducteurs.
Quel est le poids de la conjoncture et de la crise financière sur la santé du secteur ?
Il faut effectivement s'attendre à des conséquences sur les lignes de crédit qui seront accordées aux entreprises. Sur la question de la trésorerie, nous n'avons pas grand chose à attendre du gouvernement. Le règlement à 30 jours des sociétés d'autoroute a déjà été décalé : à mon sens, cela va causer davantage de problèmes que ça ne va apporter de solutions aux entreprises du fait de la double échéance qui va tomber en novembre. Cette mesure ne nous aura fourni un bol d’air que sur trois mois. L'écotaxe revient sur le devant de la scène également…
Comment peut-on envisager la mise en place d'une taxe supplémentaire dans une économie déjà asphyxiée ?
La profession ne possède pas 1,5 milliard de réserves. Il s’agit d’une taxe sur le pouvoir d’achat puisque nous n’aurons d'autre choix que de la répercuter. Nous demandons donc aux pouvoirs publics l'annulation ou le report de ce projet. En Bretagne, nous sommes particulièrement touchés par la nocivité de cette mesure. Nous nous sommes rapprochés du Medef, du monde paysan, de nos députés. Prenez l'exemple d'un œuf de dinde : vous payez une écotaxe pour le transport de l'œuf chez le couveur, puis pour l'élevage, puis pour le transport d'aliments destinés à son élevage, puis pour la collecte vers l'abattoir, ensuite vers la salle de découpe et la distribution. Une avalanche de taxes pour une simple escalope.
Propos recueillis par Slimane Boukezzoula
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Source Coface
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