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Crise : les licenciements comme variable d'ajustement

Par Équipe du Flash | Flash Transport | 20/01/2009 |


Comment vit-on la crise chez Mazet, Chalavan & Duc, et dans deux PME de transport routier de la Drôme et de l'Ardèche ? Le Dauphiné Libéré ausculte ces quatre entreprises en difficulté. Partout, les licenciements sont une possible variable d'ajustement.

Social - Crise : les licenciements comme variable d'ajustement
Les entreprises envisagent souvent des licenciements © DR

"85% des entreprises de transport de la Drôme sont des entreprises familiales avec moins de dix camions, voire même des TPE avec un patron chauffeur. Les premiers, depuis l'automne, ont enchaîné les mesures : baisse des heures supplémentaires dans un premier temps, personnel mis en congé ou en RTT dans un deuxième temps, et aujourd'hui chômage partiel. Les seconds arrêtent carrément leur activité, sans déposer le bilan, ce qui n'est donc pas très visible. Aujourd'hui, les gens envisagent de licencier. Ils ne retiennent plus personne. Nous sommes très inquiets pour le semestre à venir." Ainsi s'exprime Roland Dorée, président de la FNTR Drôme, dans le Dauphine Libéré qui consacre un dossier au transport routier dans son édition du 15 janvier.

Gros ou petits, les transporteurs courbent tous l’échine, même si certains veulent donner une image de sérénité.


Mazet : les départs pas remplacés

"L'année dernière, les sociétés de transport ont connu environ 2 000 dépôts de bilan. Pour notre part, nous avions eu vent de ces difficultés et nous avons anticipé. Durant l'année 2008, le chiffre d'affaires a augmenté de 8%", explique Thierry Mazet, président du directoire du groupe éponyme. Le transporteur a réussi à maintenir "un cap correct" en faisant preuve d’une certaine rigueur. "Nous n'avons pas eu d'augmentation de personnel. Les départs n'ont cependant pas été remplacés. Il a fallu faire preuve de rigueur et agir en adéquation entre le personnel, les véhicules et le marché. Nous avons exercé plus de contrôles sur les dépenses (consommation des véhicules, achats) et nous les avons cloisonnées", détaille-t-il. Au final, "personne n'a été licencié suite à cette crise", se félicite ce dirigeant. Cette année, Thierry Mazet indique que "le marché de la messagerie n'a pas été touché", mais qu’il s'attend à un coup de mou qui se traduira par "une baisse d'activité de 10% à 20% en 2009".


Chalavan & Duc : Pas de vague de licenciement global

Même son de cloche à Montélimar, siège des transports Chalavan & Duc (1 100 employés, dont 1 000 chauffeurs). Son PDG, Joël Duc, ne "sombre pas dans le catastrophisme" malgré la crise, indique Le Dauphiné. "Nous n'avons pas perdu d'emplois, dit-il. Bien sûr, quand on a perdu un marché, on licencie. Mais on réembauche après, dès qu'il y a davantage de travail. Chez nous, il n'y a pas eu de vague de licenciement global. D'ailleurs, à Montélimar, où il y a plusieurs transporteurs, je ne pense pas qu'il y ait des pertes d'emploi dans notre secteur."

La situation est pourtant tendue. "On a moins de trafic et de plus en plus de concurrence, précise Joël Duc. Nos clients nous demandent toujours de baisser les prix, alors que nous avons des charges qui augmentent énormément."


Des licenciements possibles

La situation est plus tendue chez Paul Mège, patron d’une PME de 10 personnes à Vercheny (Drôme), spécialisée essentiellement dans la messagerie et le déménagement. "Sur la route, je ne vois que des camions étrangers. Le transport est un secteur très concurrencé. C'est la guerre des nerfs, avec des concurrents qui cassent les prix, et désormais des groupes qui viennent même sur notre créneau du local et des zones courtes."

À la fin du mois, ce patron décidera s'il doit ou non supprimer des emplois pour sauvegarder son entreprise, relate notre confrère.


Ils prennent moins l’autoroute

Les transports Bernard, dont le siège social est basé zone du lac à Privas, reconnaissent ressentir les effets de la crise. Mais pour l'instant, rien d'alarmant. "Depuis le début de l'année, c'est plutôt en dents de scie. C'est même assez calme. En fait, ça dépend des jours, mais on a régulièrement un, deux ou trois camions qui ne font rien. De plus, nous n'avons pas renouvelé dernièrement un intérimaire. D'après ce qu'on entend ici et là, ça pourrait repartir en mars-avril ou au deuxième semestre. On verra bien...", indique son patron Alain Bernard. L'entreprise a dû modifier ses habitudes. "Concernant l'autoroute, qui coûte de plus en plus cher, nous essayons de l'éviter lorsque c'est possible. En partant vers le sud, on prend l'autoroute à Montélimar au lieu de la prendre à Loriol, par exemple. En plus, quand on voit la manière dont ils ont géré les intempéries de neige... Bref, on calcule au plus juste, il n'y a pas de petites économies..."


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