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Les emplois
logo Logistiques Magazine Par Laurent Schwartz
INTERVIEW 13/01/2016

Michel Corso, président de Déméter : "L’environnement mais pas que..."

Récemment nommé à la tête du Club Déméter, Michel Corso veut éviter que les sujets ne s’essoufflent. Le nouveau président souligne aussi l’ouverture du Club à d’autres questions que celles de l’environnement comme la logistique urbaine ou l’innovation.

Logistiques Magazine : Vous avez pris la présidence du Club Déméter en décembre 2015. Comment définiriez-vous la dimension environnementale de la logistique et quelle est votre feuille de route au sein du Club ?

Michel Corso : Je n’éluderai pas votre question mais je tiens d’abord à dire qu’il ne s’agit pas d’un putsch (!) et qu’on est venu vers moi pour me proposer la présidence. Cela m’a fait très plaisir. On m’a sans doute approché parce que je fais partie du Club depuis ses tout débuts en tant que responsable du département ECR puis directeur logistique de Bel, et que je m’y suis pas mal impliqué, en associant d’ailleurs parfois certains de mes collaborateurs sur de nombreux sujets touchant par exemple au rail-route ou au gaspillage alimentaire.

Mais pour revenir au rôle de Déméter en matière de logistique et d’environnement, il faut bien comprendre que le champ de réflexion et d’action du Club s’est aujourd’hui élargi. En 2002, quand le club est né, s’intéresser à l’environnement était très innovant… Aujourd’hui c’est devenu très banal et les sujets s’essoufflent ! Le périmètre de Déméter couvre donc depuis quelque temps plusieurs axes : la logistique urbaine, l’innovation au sens large, la problématique transport et flux et le bien-être au travail, qui incarne la composante RSE du Club.

Derrière ces thèmes, des actions très concrètes sont lancées. Ainsi, concernant l’innovation, nous avons reçu, après le lancement d’un appel à projets, une vingtaine de propositions de la part d’équipementiers. Après sélection, nous faisons tester en pilote ceux que nous avons retenus par l’un de nos membres. Parmi les nouveautés en question figure une solution d’Everysens visant à suivre en temps réel un parc de biens mobiles à l’aide de capteurs ou encore un dispositif de cobotique (robotique coopérative) proposé par Sapelem et permettant de diminuer les risques de troubles musculo-squelettiques des opérateurs en entrepôt.


L.M. : Avez-vous des priorités pour votre feuille de route à la tête de Déméter ?

M.C. : J’estime qu’il faut retravailler cette année la question du multimodal et se poser vraiment les bonnes questions : quels sont les acteurs du sujet et quels sont les sillons ? Ainsi, on ne m’ôtera pas de l’idée que le rail-route a du sens. On ne peut se cacher que les émissions de gaz à effet de serre, encore pointées du doigt récemment par la Cop 21, proviennent notamment du parc roulant d’automobiles…. et de camions. Et aujourd'hui, il y a plus qu’urgence à prendre des mesures. En 1997, le sommet de Kyoto avait permis d’agiter un chiffon rouge, mais la prise de conscience n’était pas au rendez-vous. 20 ans après, on a les impacts, fonte des glaces et autres, de tout ce qu’on n’a pas fait ! Et si on ne bouge pas plus maintenant, les taxes pour pollueurs de toutes sortes vont pleuvoir ! Or il faut bien avouer qu’actuellement encore le rail-route coûte souvent plus cher que la route avec une offre côté opérateurs mal connue et qui n’est de toute façon pas à la hauteur des enjeux, que ce soit du reste en France mais aussi en Europe.  En outre, avec un baril à 32 dollars, le différentiel entre le combiné et la route n’est pas des plus favorables !

Une solution pourrait consister à formaliser les besoins des entreprises et à les faire s’exprimer sur une plateforme partagée par tous, afin de cerner des demandes qui pourraient se conjuguer en évitant les retours à vide. On pourrait ainsi espérer, avec une attente du marché mieux identifiée, qu’une offre se dessine plus clairement et se structure. En tout cas nous allons nous y pencher lors de notre prochaine assemblée générale, qui va réunir une quarantaine d’industriels. Un groupe de travail sur le transport alternatif y est déjà prévu.


L.M. : Vous avez fait toute votre carrière chez Bel, d’abord dans le commerce, durant 20 ans, puis à la tête d’un département ECR nouvellement créé, et enfin comme directeur supply chain. Votre première "vie" de commercial vous a-t-elle aidé par la suite dans l’exercice de vos fonctions ?

M.C. : Vous savez, quand vous commencez par le commerce et que vous arrivez ensuite dans la supply chain, vous mettez tout de suite et naturellement le client au cœur de votre métier ! Malgré ce que l’on dit, il ne faut pas oublier qu’une entreprise ne vaut d’abord que par deux fonctions primaires : produire et vendre ce que l’on a produit. Partant de là, et même si la supply chain devient de plus en plus un élément différenciateur pour vendre, la fonction vient toujours en soutien des forces de vente. Et ceci en répondant à sa vocation de base : satisfaire une commande au moindre coût.


L.M. : Entre 2014 et 2015, vous avez été mandaté par le groupe pour bâtir une supply chain au Japon. Comment s’y prend-on et quels y sont les enjeux pour Bel ?

M.C. : Les fromages sont encore des produits de luxe là-bas et nous pensons y avoir de belles perspectives de développement. Nous avons donc décidé d’investir sur ce marché même s’il n’est pas certain que nous y trouvions un intérêt économique immédiat. Jusqu’en 2014, nous n’avions dans ce pays qu’une filiale commerciale travaillant avec un importateur local. Aujourd’hui, nous y avons installé une filiale à part entière comptant quelque 25 collaborateurs. On y a même ouvert une ligne de production industrielle de Boursin chez un sous-traitant basé à Hokkaido, au nord du pays, en y transférant notre savoir-faire en termes d’ingénierie. Cela nous permet d’être présent avec une de nos marques fortes, ce qui n’était guère possible auparavant avec ce produit à date courte compte tenu du délai de 5 semaines d’acheminement depuis la France.

Côté supply chain, j’ai été recruter sur place un nouveau directeur – le premier n’avait pas fait l’affaire –  et défini les profils de poste à pourvoir. En tout l’équipe comprend, outre le directeur, trois autres collaborateurs : un prévisionniste/planificateur et deux postes plus opérationnels, l’un pour les prises de commande, l’autre pour faire l’interface avec un prestataire chargé de gérer le stock. La structure monte aujourd’hui en puissance et me renvoie chaque mois un reporting détaillé des activités.


L.M. : Quels sont vos challenges actuels ?

M.C. : Sitôt rentré du Japon le 30 avril 2015, je me suis retrouvé le lendemain à la direction des projets supply chain du groupe en Europe ! Là, mon rôle consiste surtout à accompagner nos filiales (Belgique, Pays-Bas, Allemagne Portugal, Espagne et Italie), à les assister lorsqu’il s’agit par exemple pour elles de changer de prestataire ou de mettre en place un reporting. Plus généralement, il s’agit pour moi de les aider à harmoniser leurs processus et à trouver les synergies pertinentes. Et d'inculquer aussi dans les équipes un esprit d’analyse et de réduction des coûts.


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              Michel Corso, président de Déméter : "L’environnement mais pas que..."
Michel Corso, président de Déméter et directeur des projets supply chain Europe du groupe Bel. © Visavu

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