Le Canada investit 150 millions de dollars dans un terminal à conteneurs au Québec

Port Montréal
Le projet de l’Administration portuaire de Montréal à Contrecœur vise à accroître la capacité de la chaîne d’approvisionnement

Le Canada investira jusqu’à 150 millions de dollars dans le cadre de son Fonds national des corridors commerciaux pour construire un nouveau terminal à conteneurs pour l’Administration portuaire de Montréal à Contrecoeur, au Québec, afin d’augmenter la capacité de la chaîne d’approvisionnement nationale.

« En soutenant le port dans son projet d’agrandissement à Contrecoeur, nous poursuivons nos efforts pour renforcer la chaîne d’approvisionnement du Canada. C’est important pour que nous n’ayons plus jamais à subir des pénuries de produits comme celles que nous avons connues pendant la pandémie, ou les augmentations de prix importantes qui les ont accompagnées », a déclaré Pablo Rodriguez, ministre des Transports du Canada et lieutenant du Québec, le 10 octobre.

Il a qualifié le port de Montréal non seulement de moteur économique clé pour la province de Québec et de Montréal, mais également d’une importance cruciale pour la chaîne d’approvisionnement nationale du Canada.

Le port de Montréal, deuxième plus grand port du Canada après le port de Vancouver, est un centre de transbordement diversifié manipulant des marchandises conteneurisées et non conteneurisées, du vrac liquide et du vrac sec. Seul port à conteneurs au Québec, il est desservi par les plus grandes lignes maritimes du monde et agit comme une plaque tournante intermodale nord-américaine vitale avec son propre réseau ferroviaire à quai relié aux deux réseaux ferroviaires nationaux du Canada.

Le financement du nouveau terminal à conteneurs est fourni pour améliorer la chaîne d’approvisionnement du Canada par le biais du Fonds national des corridors commerciaux, un programme compétitif fondé sur le mérite pour investir dans les infrastructures de transport essentielles qui soutiennent l’économie nationale. Le gouvernement canadien a alloué 4,6 milliards de dollars au fonds pour une période de 11 ans se terminant en 2028.

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Une annonce de subvention gouvernementale concernant le nouveau terminal à conteneurs a déclaré qu’un système de transport efficace et fiable est essentiel pour maintenir les communautés connectées, rendre la vie plus abordable pour les résidents et contribuer à garantir que les chaînes d’approvisionnement nationales « restent solides, résilientes et adaptables aux effets du changement climatique ». »

Le nouveau terminal améliorerait la capacité de conteneurs du port de Montréal pour répondre à la demande de fret et maintenir « la fluidité » des opérations portuaires. Le nouveau terminal comprendra un quai de 2 200 pieds de long, un parc de manutention de conteneurs, un accès routier pour connecter le terminal au réseau public et un connecteur ferroviaire aux voies ferrées existantes du Canadien National, y compris une zone de transfert ferroviaire et une plaque tournante de transfert de marchandises. Les nouvelles constructions comprendront également des bâtiments opérationnels et administratifs.

L’objectif principal du nouveau terminal à conteneurs est de renforcer les liens du Canada avec les marchés mondiaux et de permettre aux entreprises canadiennes de rester compétitives en disposant de l’infrastructure portuaire nécessaire.

« Le nouveau terminal devrait augmenter la valeur annuelle des importations et des exportations traitées au port, générant jusqu’à 140 millions de dollars par an à travers le pays », a noté le gouvernement.

De plus, ce projet augmenterait la capacité totale du Port de Montréal de 55 % afin qu’il puisse accueillir jusqu’à 1,15 million de conteneurs équivalents 20 pieds.

Geneviève Deschamps, présidente-directrice générale par intérim de l’Administration portuaire de Montréal, a déclaré que le nouveau terminal à conteneurs offrira une plus grande « résilience économique du corridor Saint-Laurent-Grands Lacs, ce qui sera bénéfique pour l’ensemble du Canada ».

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Elle a qualifié le soutien financier du gouvernement fédéral de « message fort sur notre grand projet d’agrandissement de Contrecoeur et sur l’avenir de l’écosystème logistique dans le corridor du Saint-Laurent. Il nous permet d’aborder les prochaines étapes en toute confiance, afin que nous puissions continuer à jouer notre rôle essentiel de moteur économique durable au cœur des économies québécoise et canadienne.

Le port construira le nouveau terminal selon une approche hybride. Les travaux maritimes seront entièrement réalisés par le port, qui assurera la maîtrise d’œuvre de la construction du quai et du dragage. Les planificateurs du projet utiliseront une approche de conception-construction avec une entreprise spécialisée assistant le port pendant environ un an. Un partenaire privé réalisera les travaux sur le terrain. Le port lancera un appel d’offres début 2024 pour sélectionner un partenaire privé pour construire le terminal (gare à conteneurs, bâtiments, installations et liaison ferroviaire). Ce partenaire privé exploitera et entretiendra également le terminal dans le cadre d’un accord de conception-construction-financement-exploitation-entretien qui exclut les travaux de projet hydrauliques.

Un rapport d’août sur la performance intermodale du port de Montréal faisait état d’une baisse à deux chiffres d’une année sur l’autre des taux de croissance mensuels du trafic de conteneurs, chutant de 21,3 % à 126 903 EVP, et également d’une baisse de 14,4 % dans les statistiques cumulatives de l’année. Le nombre de volumes de camions porte-conteneurs (nombre de voyages uniques par jour ouvrable) est tombé à 1.732 en août contre 1.996 à la même période l’année dernière.

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