Le 26 décembre 2024 marque l’arrêt brutal de l’aventure industrielle de Resano Logistique. Implantée à Saint-Geours-de-Maremne (40), cette filiale du groupe Hautier a officiellement été déclarée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de La Rochelle. Ce revers met un terme définitif à une activité de transport et de logistique qui pesait encore plus de 14 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022. Ce chaos économique soulève de nombreuses interrogations sur les causes réelles, les conséquences humaines et les signaux d’alerte ignorés.
| Élément Clé | Détails Importants |
|---|---|
| Entreprise | Resano Logistique, filiale du groupe Hautier depuis 2018 |
| Statut actuel | Liquidation judiciaire prononcée le 26 décembre 2024 |
| Localisation | Saint-Geours-de-Maremne (Landes, 40) |
| Effectifs | 81 salariés fin 2024 (env. 100 en 2018) |
| Chiffre d’affaires | +14 millions d’euros en 2022 |
| Infrastructures | 4 000 m² d’entrepôts, 80 camions |
| Causes principales |
|
| Déclaration officielle | « Événement tragique lié à une conjoncture très difficile » — Pierre-Marie Hautier (Président) |
| Impact humain | 81 licenciements, manifestations salariales, fort impact émotionnel |
| Conséquences économiques | Ruptures commerciales, perte d’un acteur régional majeur, tentative de reprise sans suite |
| Contexte régional | Crise logistique généralisée dans les Landes, effets post-Covid persistants, hausse des charges |
| Zones d’ombre | Aucune info sur les actions internes avant la liquidation ou sur une restructuration |
Resano Logistique : une liquidation judiciaire symptomatique du secteur
Un effondrement annoncé dès 2023
La mise en liquidation judiciaire de Resano Logistique n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une crise sectorielle plus large, touchant une grande partie du transport routier de marchandises dans les Landes. La société a connu une baisse continue des volumes transportés sur deux années consécutives, accompagnée d’une explosion durable des coûts fixes et variables.
Parmi les charges les plus critiques : le carburant, les salaires indexés sur l’inflation, les coûts de maintenance des 80 camions de la flotte ou encore les frais liés à l’exploitation de 4 000 m² d’entrepôts. À cela s’ajoute une érosion progressive des marges, accélérée par une conjoncture commerciale défavorable depuis la crise post-Covid.
Les raisons précises de la faillite
Le jugement du tribunal s’appuie sur une cessation de paiements constatée au 16 mai 2024. L’entreprise n’a pas réussi à présenter un plan de redressement viable, faute notamment d’une solution de reprise concrète. La direction du groupe Hautier a confirmé qu’aucune proposition sérieuse n’avait émergé malgré les recherches actives.
Transport et logistique : quels risques juridiques pour les prestataires ?Voici les principaux facteurs économiques ayant conduit à cette issue :
- Contexte sectoriel défavorable (inflation continue, réduction du fret)
- Charges en hausse et volumes en baisse simultanée
- Échec d’un redressement judiciaire en amont
- Absence d’investisseurs ou repreneurs pour sauver l’activité
Conséquences sociales et territoriales de la fermeture

Suppression massive d’emplois
La fin de Resano Logistique entraîne la disparition immédiate de 81 postes. À la fin de l’année 2024, ces salariés se retrouvent sans activité à Saint-Geours-de-Maremne. La crise est ressentie violemment sur place où des manifestations ont éclaté autour du 19 décembre, exprimant la détresse des employés et des familles.
« Événement tragique lié à une conjoncture très difficile. Le secteur souffre énormément, avec une baisse de volume et des augmentations de charges depuis deux ans. »
— Pierre-Marie Hautier, président du groupe Hautier
Cette fermeture condamne aussi l’activité logistique régionale, Resano jouant souvent un rôle de sous-traitant pour du transport de lots complets et demi-lots, du groupage et de la messagerie palettes dans tout le Sud-Ouest.
Désorganisation économique locale
Plusieurs partenaires, PME industrielles et agroalimentaires régionales, dépendaient des infrastructures de Resano. La perte d’un acteur structurant du transport crée un effet domino, mettant à mal des chaînes d’approvisionnement déjà fragilisées par la conjoncture.
Une piste de reprise envisagée par le groupe Olano n’a, à ce jour, débouché sur aucune annonce concrète. L’hypothèse semble désormais totalement écartée.
Un contexte logistique national de plus en plus sous pression
Pressions économiques dans le transport routier
La liquidation de Resano Logistique prend tout son sens dans le cadre d’une dégradation continue des conditions économiques nationales dans la logistique. Depuis la pandémie, le secteur peine à absorber la hausse des coûts d’exploitation, notamment sur :
- Les carburants (prix moyens records fin 2023)
- L’entretien du matériel roulant
- Les revalorisations salariales imposées par les accords de branche
À cela s’ajoute une contraction du fret, avec des volumes de marchandises en recul dans de nombreux axes régionaux. Certaines zones rurales sont particulièrement touchées, comme le montrent les multiples cessations dans les Landes ces derniers mois.
Influence directe sur le tissu économique local
L’arrêt d’un logisticien comme Resano impacte directement l’écosystème environnant. Le territoire perd non seulement des emplois, mais aussi des services vitaux pour ses industries, ses plateformes de distribution et son tissu agricole.
La concentration des acteurs du transport sur quelques zones géographiques crée une vulnérabilité logistique : moins de concurrents, plus de dépendance, délais allongés, hausses tarifaires difficiles à absorber.
Communication et retentissement dans le monde professionnel
Une affaire suivie de près
La liquidation judiciaire de Resano Logistique a été relayée dans la presse spécialisée, à commencer par Transport Info :
Liquidation judiciaire : le groupe Hautier perd sa filiale Resano (40) transportinfo.fr/liquidation-ju…
Ce type d’annonce, peu fréquente sur des sociétés de cette taille, suscite l’inquiétude dans la filière. Les syndicats professionnels alertent sur le besoin de mesures de stabilisation du secteur, notamment pour amortir les hausses inflationnistes et assurer le maintien de la trésorerie des PME.
Manque de transparence : peu d’informations sur la stratégie du groupe
À noter que peu d’éléments ont été communiqués sur les actions concrètes engagées avant la décision judiciaire. Aucun plan de restructuration n’a été précisé, ni les modalités d’accompagnement social. Pour les syndicats comme les salariés, cette absence d’anticipation reste difficile à comprendre.
Optimiser le stockage dans un entrepôt de transportLe groupe Hautier, qui avait racheté Resano en 2018, n’a pas dévoilé sa stratégie face à l’usure progressive du modèle. Une gestion plus lisible aurait peut-être permis une reprise ciblée ou une cession partielle.
| Élément | État de 2018 | État fin 2024 |
|---|---|---|
| Effectifs | 100 salariés | 81 salariés |
| Chiffre d’affaires | NC | 14 millions € (2022) |
| Volume transporté | Stable | En baisse continue |
| Rentabilité | Non précisée | Marges fortement réduites |



