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Stock de sécurité : définition et calcul

Stock de sécurité, ruptures évitées, rentabilité préservée : tout se joue dans quelques indicateurs bien maîtrisés. De nombreuses entreprises canadiennes gèrent aujourd’hui plus de 121,6 milliards de dollars de stocks manufacturiers, avec un ratio stocks/ventes autour de 1,75. Derrière ces chiffres se cachent des arbitrages quotidiens entre service client, risques de pénuries et coûts de stockage.

En 2025, près de 75 % des entreprises industrielles investissent dans des technologies de gestion de stock pour ajuster leurs niveaux de sécurité, produit par produit. Pourtant, les erreurs de prévision, les délais fournisseurs instables ou les données d’inventaire inexactes continuent de provoquer des surstocks coûteux ou des manques à gagner. Le stock de sécurité devient alors un véritable levier stratégique.

Élément clé Ce qu’il faut éviter Bonne pratique
Données de demande Utiliser une moyenne trop courte ou instable Analyser une période représentative incluant les variations saisonnières
Délais fournisseur Supposer un délai fixe Intégrer un historique réel pour mesurer l’incertitude
Variabilité Oublier l’écart-type de la demande ou du délai Calculer précisément la variabilité pour ajuster le stock de sécurité
Niveau de service Choisir un niveau trop élevé (coût excessif) Adapter le niveau de service selon la criticité produit
Révision du stock Mettre à jour le stock de sécurité une seule fois par an Réévaluer au moins trimestriellement ou lors d’un changement de marché
Calculateur de Stock de Securite
Valeur requise
Valeur requise
Valeur requise
Valeur requise
Resultats de l’analyse
Stock de securite – unites
Point de commande – unites
Stock maximum recommande – unites
Couverture du stock de securite – jours
Coefficient Z utilise

Stock de sécurité : définition logistique et rôle stratégique

Le stock de sécurité correspond à une quantité de produits conservée en réserve, au‑delà du stock destiné à couvrir la demande moyenne. Cette réserve absorbe les aléas de la demande, les retards de livraison et les imprécisions de prévision. Elle sert de tampon pour maintenir un niveau de service stable, même en présence de perturbations.

En gestion de la chaîne d’approvisionnement, le stock de sécurité s’intègre à la politique globale d’approvisionnement. Il intervient dans le calcul du point de commande, dans la planification MRP, dans les paramètres d’ERP ou de WMS, et influence directement le taux de service, le taux de rotation et le besoin en fonds de roulement.

Le stock de sécurité ne se limite pas à un simple « coussin ». Il structure la relation entre l’entreprise, ses fournisseurs, ses transporteurs et ses clients. Un paramétrage inadéquat génère des ruptures chroniques, des expéditions en urgence, des coûts de transport express ou, à l’inverse, des entrepôts saturés de produits dormants.

« Le stock de sécurité vise à compenser les incertitudes de la demande et des délais, tout en garantissant un niveau de service prédéfini. » – Principe classique de gestion des stocks

Pour approfondir l’impact global sur votre politique d’entreposage, un lien naturel existe avec la gestion de stock en entreprise, notamment sur l’organisation des emplacements, les modes de réapprovisionnement et la standardisation des règles par site logistique.

Les enjeux économiques du stock de sécurité

La décision de constituer un stock de sécurité résulte d’un compromis entre qualité de service et coût total de possession. Une réserve trop faible provoque des ruptures de stock, des ventes perdues, une baisse de satisfaction client et une pression accrue sur la production. Une réserve trop élevée mobilise du capital, augmente les coûts de stockage et accroît le risque d’obsolescence.

Les données canadiennes illustrent bien ce dilemme. En 2025, les stocks manufacturiers atteignent 121,6 milliards de dollars, avec un ratio stocks/ventes de 1,75. Une partie non négligeable de ce volume correspond à du stock de sécurité, généré notamment par les secteurs à forte variabilité comme le matériel de transport, qui contribue à lui seul à une hausse de 1,9 % des niveaux de stocks.

La mise en place d’un stock de sécurité maîtrisé influe sur plusieurs indicateurs clés :

  • Taux de service client : pourcentage de lignes de commande livrées sans rupture.
  • Taux de rotation des stocks : relation entre volume consommé et stock moyen, à relier aux méthodes de calcul de la rotation de stock.
  • Coût de possession : loyers ou amortissements, énergie, main‑d’œuvre, assurance, taxes, risques de casse et d’obsolescence.
  • Besoin en fonds de roulement : immobilisation de trésorerie dans les inventaires.
Info pratique : une réduction ciblée du stock de sécurité sur les références à faible variabilité améliore souvent le besoin en fonds de roulement sans dégrader le taux de service, surtout lorsque la demande est stable et les délais fournisseurs fiables.

Les grandes familles de coûts liés au stock de sécurité

Le dimensionnement du stock de sécurité reste indissociable de l’analyse des différents coûts supportés par l’entreprise. Comprendre ces postes permet d’arbitrer entre risque de rupture et volume de réserve.

Coûts de maintien et de possession des stocks

Les coûts de maintien de stock regroupent l’ensemble des charges liées à la détention physique des articles. Ils incluent les frais fixes d’infrastructure et les charges variables proportionnelles au niveau de stock :

  • Surface de stockage (loyer, amortissement de l’entrepôt, charges communes).
  • Énergie (chauffage, froid, éclairage, équipements de manutention).
  • Main‑d’œuvre logistique (réception, rangement, inventaires, manutention interne).
  • Assurance, sécurité, contrôle d’accès.
  • Obsolescence et démarque (péremption, casse, vols, pertes administratives).

Dans les données fournies, les coûts de maintien sont explicitement qualifiés d’élevés pour de nombreuses entreprises : stockage, énergie, main‑d’œuvre, assurance et obsolescence pèsent lourdement sur les comptes d’exploitation. Un surdimensionnement du stock de sécurité aggrave mécaniquement ces postes.

Coûts de rupture et de non‑qualité de service

À l’inverse, un stock de sécurité trop bas génère des coûts de rupture souvent sous‑estimés :

  • Ventes perdues ou reportées vers la concurrence.
  • Pénalités contractuelles liées aux engagements de délai.
  • Production désorganisée, arrêts de ligne, changements de série non planifiés.
  • Transports express et surcoûts logistiques urgents.
  • Dégradation de l’image de marque et du climat commercial.

Ces coûts ne figurent pas toujours clairement dans les systèmes comptables, mais ils orientent fortement la stratégie de stock de sécurité. Les organisations avancées chiffrent explicitement le coût d’une ligne de commande non servie pour paramétrer leurs modèles de calcul.

Coûts administratifs et systèmes d’information

Le dimensionnement de la réserve de sécurité mobilise également des ressources administratives et technologiques. Les opérations de reparamétrage, de simulation et de suivi consomment du temps dans les équipes supply chain, finance et systèmes d’information.

Les entreprises encore dépendantes de processus manuels ou de systèmes obsolètes subissent des processus lents et sujets à erreurs. L’absence d’outils modernes (codes‑barres performants, RFID, WMS, modules APS) alourdit les coûts tout en réduisant la fiabilité des données, ce qui complique l’ajustement des niveaux de sécurité.

Astuce de contrôleur de gestion : intégrer un taux de coût de possession (en % de la valeur de stock par an) dans vos modèles. Un simple taux de 20 % appliqué au stock de sécurité met en lumière l’impact réel d’une hausse ou d’une baisse de quelques jours de couverture.

Facteurs clés à prendre en compte avant de calculer le stock de sécurité

Avant de choisir une formule, plusieurs paramètres doivent être clarifiés. Sans cette préparation, le calcul reste purement théorique et difficilement exploitable opérationnellement.

Compréhension de la demande et de sa variabilité

La prévision de la demande se révèle souvent imprécise, surtout dans les secteurs soumis à des effets de mode, à des promotions ou à une sensibilité prix marquée. Les entreprises évoquent fréquemment des « variations de demande difficiles à anticiper », liées à la volatilité des marchés et à une variabilité mensuelle des prévisions.

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Les sources classiques de variabilité incluent :

  • Saisonnalité marquée (périodes hautes et basses récurrentes).
  • Promotions commerciales et pics ponctuels.
  • Lancements de nouveaux produits sans historique.
  • Prévisions calculées à partir de données incomplètes ou bruitées.

La consolidation de ces informations permet de calculer un écart‑type de la demande ou de la consommation pendant le délai d’approvisionnement, paramètre central de nombreuses formules de stock de sécurité.

Fiabilité des délais fournisseurs et logistique amont

Le délai d’approvisionnement ne se résume pas au transit physique. Il inclut les temps d’émission de commande, de traitement administratif, de préparation chez le fournisseur, de transport, de dédouanement éventuel et de réception. Les « délais fournisseurs imprévisibles » mentionnés dans les difficultés remontées créent une variabilité supplémentaire.

Une analyse pertinente distingue :

  • Le délai moyen observé pour chaque fournisseur ou origine logistique.
  • La variabilité (écart‑type, retard maximum fréquent, dérive progressive).
  • Les facteurs de risque (monopole fournisseur, zone géopolitique sensible, congestion portuaire).

Plus les délais sont instables, plus le stock de sécurité requis augmente pour protéger le taux de service. Les entreprises engagées dans des démarches de partenariat fournisseur ou de réduction des lead times réduisent ainsi mécaniquement leurs besoins de stocks tampon.

Niveau de service ciblé par segment de produits

Le niveau de service représente la probabilité de ne pas tomber en rupture sur une période donnée. Il se traduit par un pourcentage, par exemple 95 %, 98 % ou 99 %. Ce choix se fait rarement de manière uniforme sur l’ensemble du portefeuille.

Une segmentation ABC ou XYZ oriente ce paramétrage :

  • Articles stratégiques, à forte marge ou critiques pour la production : niveau de service élevé.
  • Produits standards facilement remplaçables : niveau de service plus modéré.
  • Références obsolètes ou fin de vie : réduction volontaire du stock de sécurité.

Cette approche segmente le portefeuille au lieu d’appliquer une règle unique. Elle évite l’ajustement uniforme qui conduit à surstocker des articles peu sensibles et à sous‑stocker des références clés.

Qualité des données d’inventaire et visibilité temps réel

Des données d’inventaire inexactes compromettent tout calcul de stock de sécurité. Les écarts entre le stock théorique et le stock réel rendent le paramétrage presque illusoire. Plusieurs causes reviennent souvent :

  • Mouvements non saisis ou saisis en retard.
  • Erreurs de picking ou de rangement.
  • Produits non codifiés correctement (doublons, unités incohérentes).
  • Inventaires physiques trop espacés ou partiels.

Le manque de traçabilité en temps réel complique encore l’ajustement fin. Les systèmes obsolètes, sans codes‑barres systématiques ni RFID, ne reflètent pas l’état réel de l’entrepôt. La mise en place d’un WMS ou d’un module de gestion d’emplacements renforce la fiabilité des prévisions de rupture et des paramètres de sécurité.

Point de vigilance : un stock de sécurité calculé sur des données erronées conduit à des décisions trompeuses. Avant de raffiner vos modèles, stabilisez les processus de saisie et renforcez les contrôles d’inventaire tournant.

Méthodes de calcul du stock de sécurité : panorama complet

Plusieurs méthodes coexistent pour calculer un stock de sécurité. Le choix dépend du niveau de maturité des données, du système d’information disponible et de la variabilité de la demande et des délais.

Méthode simple basée sur des jours de couverture

La méthode la plus directe consiste à raisonner en jours de stock de sécurité. On fixe un nombre de jours de consommation à conserver en réserve, par exemple 5, 10 ou 15 jours. Le calcul devient :

Stock de sécurité = consommation moyenne journalière × nombre de jours de sécurité

Cette approche reste facile à comprendre et à expliquer. Elle convient aux environnements relativement stables ou aux entreprises en phase de structuration de leurs pratiques. Elle ne prend toutefois pas en compte explicitement la variabilité, ni le niveau de service recherché.

Méthode statistique avec variabilité de la demande

Une approche plus robuste s’appuie sur l’écart‑type de la demande pendant le délai d’approvisionnement. On utilise alors un coefficient de service, noté Z, issu de la loi normale (Z = 1,64 pour 95 %, Z = 2,05 pour 98 %, etc.). La formule devient :

Stock de sécurité = Z × σdL

où σdL représente l’écart‑type de la demande sur la durée du délai d’approvisionnement. Le calcul de σdL se fait à partir de l’historique des consommations, par SKU, sur plusieurs périodes :

  • Estimation de la consommation moyenne par période (jour, semaine).
  • Calcul des écarts par rapport à cette moyenne.
  • Détermination de l’écart‑type statistique.

Cette méthode relie explicitement le stock de sécurité au niveau de service visé et à la variabilité observée.

Méthode intégrant variabilité de la demande et du délai

Lorsque la variabilité provient à la fois de la demande et des délais fournisseurs, la formule s’enrichit. On combine alors l’écart‑type de la demande et celui du délai, sous la forme :

Stock de sécurité = Z × √[(σd2 × L) + (D2 × σL2)]

où :

  • D correspond à la demande moyenne par unité de temps.
  • L représente le délai moyen d’approvisionnement.
  • σd désigne l’écart‑type de la demande.
  • σL désigne l’écart‑type du délai.

Cette approche capture simultanément les deux principales sources d’incertitude : la demande et les lead times. Elle reste adaptée aux environnements soumis à des retards récurrents ou à de fortes fluctuations de consommation.

Méthode par taux de service cyclique (fill rate)

Certains modèles se focalisent sur le fill rate, c’est‑à‑dire le pourcentage de quantité servie sur une période. L’objectif ne se limite pas à éviter les ruptures, mais à maximiser la quantité effectivement livrée par rapport aux besoins.

Dans cette approche, le calcul du stock de sécurité prend en compte :

  • La distribution de probabilité de la demande.
  • Le coût de possession du stock de sécurité.
  • Le coût d’une unité non servie (perte de marge, pénalité, image).

Les systèmes avancés (APS, modules d’optimisation) simulent différents niveaux de stock de sécurité et sélectionnent celui qui minimise le coût total attendu. Cette technique requiert des données détaillées, mais conduit à des arbitrages plus fins par référence.

Méthode empiricalle par historique de ruptures

Dans les environnements moins structurés, certains responsables logistiques ajustent le stock de sécurité à partir des ruptures observées. Ils identifient les références ayant subi plusieurs manques sur une période, puis augmentent la réserve de quelques unités ou jours de couverture.

Cette méthode empirique présente des limites. Elle n’intègre ni la variabilité statistique, ni le coût exact de possession. Elle offre toutefois un point de départ intéressant lorsqu’aucune donnée fiable sur la demande ou les délais n’est disponible.

Conseil d’implémentation : commencez par segmenter vos produits. Les références A critiques peuvent utiliser une méthode statistique détaillée, tandis que les produits C moins stratégiques restent gérés par des jours de couverture simples. Cette hybridation s’aligne sur les priorités métier.

Comparatif des approches de calcul du stock de sécurité

Le choix d’une méthode dépend du contexte opérationnel, du niveau de variabilité et des capacités analytiques. Le tableau ci‑dessous synthétise les caractéristiques des principales approches.

MéthodeDonnées nécessairesPrécisionComplexitéContexte adapté
Jours de couvertureConsommation moyenneFaible à moyenneFaiblePortefeuille simple, variabilité limitée, début de structuration
Statistique (variabilité demande)Historique demande, écart‑typeMoyenne à élevéeMoyenneVariabilité demande significative, délais stables
Demande + délai variableHistorique demande et délais, deux écarts‑typesÉlevéePlus élevéeChaîne d’approvisionnement instable, retards fréquents
Optimisation par coût totalCoût de possession, coût de rupture, distributions de demandeÉlevéeForteEnvironnements matures, outils APS ou analytique avancée
Ajustement empiriqueHistorique de ruptures, retour d’expérienceVariableFaibleStructures petites ou en forte croissance, peu de données

Dans la pratique, de nombreuses entreprises combinent plusieurs approches selon les familles de produits, les types de clients et les sites logistiques. Les secteurs à fortes contraintes réglementaires ou de sécurité (santé, aéronautique) adoptent plus souvent des approches probabilistes ou par coût total.

Les difficultés concrètes de calcul et d’ajustement du stock de sécurité

Plusieurs obstacles freinent la mise en place d’un stock de sécurité fiable et ajusté. Les points suivants apparaissent régulièrement dans les diagnostics supply chain.

Prévisions incertaines et volatilité de la demande

Les équipes planning soulignent fréquemment l’imprécision des prévisions. Les méthodes basées sur l’historique deviennent fragiles lorsqu’un marché se volatilise. Les promotions, les changements de gamme ou les comportements erratiques de clients clés perturbent les modèles.

La présence d’une forte variabilité mensuelle des prévisions augmente les écarts entre prévu et réalisé. Dans ce contexte, le stock de sécurité agit comme une assurance, mais nécessite un recalibrage régulier. Sans mécanisme d’alerte, les niveaux restent figés sur des hypothèses dépassées.

Manque de visibilité temps réel sur les inventaires

Le manque de visibilité se traduit par l’incapacité à connaître précisément la quantité disponible à la vente, par référence, en temps réel. Les causes fréquentes incluent :

  • Absence de WMS ou de module de gestion de stock performant.
  • Décalage entre mouvements physiques et enregistrements systèmes.
  • Données éclatées entre plusieurs sites ou systèmes non synchronisés.

Cette opacité conduit à surdimensionner le stock de sécurité par prudence, afin de compenser les incertitudes internes. Elle génère également des ordres d’achat ou de fabrication redondants.

Données inexactes et processus manuels

Les processus manuels lents et les systèmes obsolètes figurent parmi les freins majeurs. Les contrôles manuels, surtout en période de changements rapides, ne suivent pas le rythme des commandes. Les inventaires annuels ou semestriels produisent des « photos » trop espacées pour ajuster finement les paramètres.

Les erreurs de saisie d’unités, de codes articles, ou de conversions (cartons, palettes, unités) entraînent des écarts. À chaque erreur, les calculs de sécurité dérivent et perdent leur sens économique. L’entreprise renforce alors sa réserve « par instinct », sans base analytique solide.

Ajustement par SKU et risques de surstockage uniforme

L’ajustement par SKU reste souvent difficile à cause du nombre de références et du manque d’outils de simulation. De nombreuses organisations appliquent des règles génériques (même nombre de jours de stock de sécurité pour une famille entière). Cette approche simplifie la gestion, mais conduit à :

  • Surstocker des références peu risquées.
  • Sous‑stocker des articles stratégiques ou très volatils.
  • Multiplier les investissements dans les stocks sans gain réel sur le service client.

Un paramétrage plus fin exige des outils capables de traiter des milliers de SKU et de recalculer automatiquement les niveaux optimaux en fonction des données actualisées.

Absence de workflows d’approbation et de gouvernance

L’absence de workflows d’approbation conduit à des changements de paramètres non documentés. Certains utilisateurs modifient les niveaux de sécurité directement dans l’ERP, sans validation ni traçabilité. Cette pratique provoque des variations inexpliquées des stocks, compliquant l’analyse a posteriori.

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Une gouvernance claire et des règles formalisées renforcent la cohérence des décisions :

  • Qui peut modifier les paramètres de stock de sécurité ?
  • Selon quelles règles et quelle périodicité ?
  • Avec quels indicateurs de suivi (taux de service, stock moyen, niveau de rupture) ?
« Sans règles de gouvernance claires, le stock de sécurité devient un paramètre intuitif, piloté par la peur de la rupture plutôt que par l’analyse. » – Retour d’expérience d’un directeur supply chain

Impact de la technologie et de la digitalisation sur le stock de sécurité

Les chiffres indiquent qu’en 2025, environ 75 % des entreprises manufacturières investissent dans des technologies de gestion de stock. L’objectif reste clair : mieux dimensionner le stock de sécurité, réduire les coûts et améliorer la disponibilité produit.

Codes‑barres, RFID et traçabilité avancée

La généralisation des codes‑barres et de la RFID améliore la précision et la rapidité de collecte des données. Chaque mouvement de stock (réception, transfert, picking, inventaire) s’enregistre automatiquement, réduisant les erreurs et les décalages de mise à jour.

Une traçabilité fine autorise une meilleure analyse des consommations réelles par SKU, par client ou par canal de distribution. Ces informations alimentent ensuite les modèles statistiques et permettent de recalculer les stocks de sécurité en s’appuyant sur des historiques propres.

ERP, WMS et modules d’optimisation

Les ERP intègrent souvent des fonctionnalités de gestion de paramètres de stock, mais les WMS et les outils APS vont plus loin. Ils proposent :

  • Des calculs automatiques de points de commande et de stocks de sécurité.
  • Des simulations multi‑scénarios (variation du niveau de service, du délai, de la demande).
  • Des rapports d’alerte sur les références en sous‑stock ou surstock.

Ces systèmes permettent une refonte régulière des paramètres, au lieu d’un paramétrage ponctuel non révisé. Ils offrent également une meilleure coordination entre les sites multi‑entrepôts, en évitant des doublons de réserves de sécurité sur plusieurs plateformes.

Analyse prédictive et intégration des signaux marché

Les approches plus avancées s’appuient sur l’analytique prédictive et sur l’intégration de signaux externes : tendances marché, météo, réseaux sociaux, données macroéconomiques. Ces signaux complètent l’historique de ventes et améliorent la qualité des prévisions.

Dans ce cadre, le stock de sécurité devient dynamique. Les niveaux s’ajustent automatiquement selon les périodes de forte volatilité, les campagnes marketing ou les changements de comportement clients. La réserve de sécurité suit ainsi les risques plutôt que de rester figée.

Focus digital : la valeur du stock de sécurité ne réside pas uniquement dans la formule choisie, mais dans la fréquence et la qualité de sa mise à jour. L’automatisation des recalculs, couplée à une gouvernance claire, assure un pilotage régulier plutôt qu’une correction ponctuelle après incident.

Intégrer le stock de sécurité dans une politique globale de gestion des stocks

Le stock de sécurité ne se traite pas en silo. Il interagit avec les autres choix de gestion des stocks, les méthodes de valorisation et la politique de rotation. Une approche cohérente relie ces dimensions.

Articulation avec la gestion globale de stock en entreprise

La gestion de stock en entreprise englobe le dimensionnement global des inventaires, le choix des méthodes de réapprovisionnement (point de commande, réapprovisionnement périodique, Kanban), et la stratégie de couverture des risques.

Le stock de sécurité se combine notamment avec :

  • Les stocks cycliques, liés à la taille des lots de production ou d’achat.
  • Les stocks de transit, lorsque les délais de transport sont longs.
  • Les stocks spéculatifs, en cas de fluctuation de prix ou de risque de pénurie fournisseur.

Un dimensionnement cohérent examine l’ensemble de ces composantes pour éviter les redondances. Certains stocks joueraient un rôle de sécurité de fait, sans être identifiés comme tels.

Rotation des stocks et dynamique de flux

Le lien avec la rotation de stock reste direct. Un stock de sécurité trop élevé réduit mécaniquement la rotation, allonge la durée moyenne de stockage et augmente les coûts de possession. À l’inverse, une rotation excessive, obtenue par une réduction brutale des stocks de sécurité, détériore le taux de service et la stabilité de la production.

La bonne combinaison consiste à :

  • Optimiser la taille des lots, pour limiter les stocks cycliques.
  • Réduire les délais d’approvisionnement, afin de diminuer le besoin de sécurité.
  • Ajuster le niveau de service selon la valeur stratégique des références.

Le stock de sécurité devient ainsi un paramètre de pilotage des flux et non une simple réserve « par précaution ».

Valorisation comptable et analyse financière

La valeur immobilisée dans le stock de sécurité se retrouve dans les états financiers. Les méthodes de valorisation des stocks (FIFO, LIFO, CMP, valorisation standard) influencent l’image comptable de ces réserves, ainsi que le résultat et les indicateurs de performance.

Une vision consolidée de la valeur des stocks de sécurité par famille de produits, par site et par client met en évidence :

  • Les zones surinvesties, où les coûts de possession grèvent la marge.
  • Les poches de sous‑investissement, où le risque de rupture met en péril le chiffre d’affaires.
  • Les opportunités de désengagement progressif sur des gammes vieillissantes.

Les directions financières et supply chain travaillent alors de concert pour arbitrer entre niveau de risque accepté, objectifs de trésorerie et ambitions commerciales.

Angle financier : la réduction maîtrisée du stock de sécurité libère du capital. Mesurer précisément cet impact renforce les argumentaires auprès de la direction générale et justifie les investissements technologiques nécessaires à une meilleure prévision.

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