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Emballage alimentaire en carton : normes

Entre obligations réglementaires européennes, substances controversées et exigences des distributeurs, l’emballage alimentaire en carton se retrouve au cœur de mutations profondes. De nombreux industriels s’orientent vers le carton pour remplacer le plastique, mais les normes, les restrictions de substances et les échéances à venir demandent une stratégie structurée.

Entre la réglementation PPWR, les risques liés aux huiles minérales, aux PFAS ou encore aux HAP, chaque choix de matériau ou de fournisseur influence directement la conformité, la sécurité sanitaire et l’image de marque. Les règles changent à l’horizon 2030 et 2038, avec un impact direct sur la conception et la recyclabilité des emballages en carton.

Élément clé Synthèse
Objectif des normes Garantir la sécurité alimentaire et limiter les migrations de substances vers les aliments.
Réglementation européenne Cadre général posé par le règlement CE 1935/2004 et règles d’hygiène issues du règlement CE 2023/2006.
Exigences pour le carton Matériaux propres, adaptés au contact alimentaire et soumis à des contrôles de composition et de migration.
Attentes en matière d’étiquetage Mention du contact alimentaire et traçabilité claire pour vérifier la conformité.

Normes et cadre réglementaire des emballages alimentaires en carton

Un emballage alimentaire en carton est soumis à un ensemble de textes européens et nationaux qui encadrent la composition, la migration de substances vers les aliments et la gestion de la fin de vie. Le carton bénéficie aujourd’hui d’une image de matériau recyclable, localement produit et déjà optimisé sur le plan environnemental, mais la réglementation évolue rapidement, en particulier au niveau européen.

Les entreprises qui conditionnent des denrées sèches, fraîches ou surgelées en carton doivent maîtriser ce cadre réglementaire, car chaque non-conformité peut entraîner un retrait de lot, une alerte RASFF ou un litige avec la distribution. Les services qualité, R&D, achats et marketing se trouvent directement concernés par ces normes.

Les grands textes européens applicables au carton alimentaire

Le carton relève du cadre général des matériaux et objets au contact des denrées alimentaires (MCDA). Même si tous les matériaux ne disposent pas de réglementation spécifique comme les plastiques, plusieurs textes posent les règles de base.

  • Règlement (CE) n°1935/2004 : cadre général sur les matériaux au contact des aliments, incluant le papier et le carton.
  • Règlement (CE) n°2023/2006 : bonnes pratiques de fabrication (BPF) pour les matériaux au contact des aliments.
  • Règlement (UE) 2015/2283 : concerne les nanomatériaux utilisés comme additifs ou présents par migration.
  • Règlement REACH : encadrement des substances chimiques, y compris celles utilisées dans les encres, colles ou revêtements.

Ces textes ne détaillent pas uniquement des obligations administratives. Ils conditionnent les choix de fibres (vierges ou recyclées), de revêtements barrières, d’encres et de colles, et imposent aux industriels une démarche structurée d’analyse de risques et de validation de conformité.

« Les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires doivent être suffisamment inertes pour exclure tout transfert de constituants à des denrées alimentaires en quantités susceptibles de présenter un danger pour la santé humaine. » – Extrait du Règlement (CE) n°1935/2004

Normes techniques et guides de bonnes pratiques pour le carton alimentaire

Au-delà des règlements, plusieurs normes et lignes directrices structurent le secteur de l’emballage alimentaire en carton. Ces documents ne remplacent pas la loi, mais servent de référence dans les audits, les appels d’offres et les relations avec les distributeurs.

  • Normes EN et ISO relatives aux essais de migration et à la sécurité des matériaux d’emballage.
  • Guides sectoriels développés par les fédérations du papier-carton ou par les imprimeurs-emballeurs.
  • Référentiels privés (BRCGS Packaging, FSSC 22000, ISO 22000) souvent exigés par la grande distribution.

Ces référentiels structurent les démarches de traçabilité, de maîtrise des contaminants (huiles minérales, HAP, PFAS, etc.) et de validation des fournisseurs de carton, d’encres ou de vernis.

Conseil pratique : intégrer les exigences normatives dès la phase de conception de l’emballage évite les reconceptions de dernière minute. Impliquer qualiticiens, acheteurs et marketing autour d’un cahier des charges unique réduit les risques de non-conformité.

PPWR et nouvelles exigences sur les emballages en carton

Le projet de règlement européen sur les emballages et déchets d’emballages (PPWR) rebat les cartes pour l’ensemble des matériaux, y compris le carton alimentaire. Les exigences portent sur la recyclabilité, la réduction des déchets et la limitation de certaines substances.

Calendrier d’application et situation en 2026

La date charnière annoncée pour l’application du PPWR est le 12 août 2026. À cette étape, aucun retour d’expérience réel n’est encore disponible, car le texte entre alors en vigueur. Les industriels doivent toutefois anticiper les impacts sur leurs gammes et leurs relations fournisseurs.

Le carton part avec un atout : il est déjà bien positionné en termes de recyclage et d’acceptation par les filières. Cependant, les nouvelles exigences chiffrées en matière de recyclabilité et de réduction des déchets imposent une vigilance particulière sur la conception des emballages complexes (carton + film, carton + barrière plastique, encres couvrantes, etc.).

Objectifs de recyclabilité et exemptions pour le carton

Le PPWR fixe des objectifs précis de recyclabilité minimale pour les emballages, avec une progression dans le temps. Pour les emballages en carton, les jalons suivants sont visés :

Échéance Recyclabilité minimale exigée pour le carton
2030 70 %
2038 80 %

Les objectifs de réutilisation d’emballages, très présents pour le plastique et certains matériaux rigides, ne s’appliquent pas de la même manière au carton. Le carton bénéficie d’une exemption sur ces objectifs de réutilisation, ce qui conforte son positionnement dans les circuits de conditionnement en grande série.

Le marché du carton se trouve déjà avancé : matériau recyclable, taux de recyclage élevé, approvisionnement souvent local, procédés industriels bien maîtrisés. Cette situation n’exonère toutefois pas les entreprises d’une analyse précise de chaque référence d’emballage alimentaire en carton, surtout lorsque d’autres matériaux (films, barrières, fenêtres) viennent complexifier l’ensemble.

Point de vigilance PPWR : la présence de couches plastiques épaisses, de films non séparables ou de vernis non compatibles avec les filières papier réduit mécaniquement la recyclabilité réelle. Une structure techniquement recyclable mais rarement triée ou traitée par les centres de tri reste problématique au regard des objectifs 2030 et 2038.

Réduction des déchets d’emballages et rôle du carton

Les emballages alimentaires en carton s’inscrivent dans un contexte général de réduction des déchets d’emballages en Europe. Les objectifs portent sur l’ensemble des matériaux, avec des jalons clairs à horizon 2040.

Objectifs européens de réduction des déchets d’emballages

Entre 2005 et 2022, le taux de recyclage du papier-carton en Europe est passé de 73 % à 83 %. Cette progression contribue fortement aux objectifs européens de décarbonation et de sobriété matière. Le PPWR prévoit des objectifs globaux de réduction des déchets d’emballages :

Horizon Objectif de réduction des déchets d’emballages (tous matériaux)
2030 -5 % par rapport au niveau de référence
2035 -10 %
2040 -15 %

Les emballages alimentaires représentent près de 37 % du total des emballages en Europe, avec une part significative liée au secteur agroalimentaire. Les industriels qui conditionnent en carton disposent donc d’un levier concret pour contribuer à ces objectifs, en réduisant les grammages, en simplifiant les structures et en améliorant la recyclabilité effective.

Carton versus autres matériaux : atouts et limites

Le carton se distingue des plastiques et des composites par sa recyclabilité, son origine biosourcée (fibres de cellulose) et sa capacité à intégrer des fibres recyclées. Cependant, les performances barrières (graisses, humidité, oxygène) restent moins élevées sans l’ajout de couches supplémentaires.

Critère Carton alimentaire Plastiques usuels (PE, PP, PET)
Origine matière Fibres cellulosiques, souvent partiellement recyclées Dérivés pétrochimiques
Recyclabilité Élevée, filières bien établies Variable selon polymères et pays
Barrière à l’humidité et aux graisses Moyenne, renforcée par des couches barrières Souvent élevée sans ajout de couches
Perception consommateur Matériau perçu comme plus responsable Image plus contrastée

Les arbitrages entre performance, coût, sécurité sanitaire et impact environnemental conduisent souvent à recourir à des structures hybrides : carton + film plastique fin, carton + barrière aqueuse, carton + revêtement spécifique. Ces combinaisons nécessitent une expertise réglementaire accrue pour rester conformes au PPWR et aux exigences de recyclabilité.

À retenir : remplacer un plastique par du carton sans revoir intégralement la structure et la fonction de l’emballage conduit à des incohérences réglementaires ou industrielles. Une démarche d’écoconception globale reste indispensable pour éviter les impasses techniques.

Substances à risque dans les emballages alimentaires en carton

Les normes sur les emballages alimentaires en carton ne se limitent pas à la recyclabilité. La contamination chimique par migration depuis l’emballage vers l’aliment constitue un sujet central. Plusieurs familles de substances font l’objet d’études, d’alertes et de mesures réglementaires : huiles minérales, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), PFAS, bisphénol A, retardateurs de flamme bromés, nitrosamines, microplastiques et nanomatériaux.

Huiles minérales issues des fibres recyclées

Les huiles minérales figurent parmi les contaminants les plus scrutés dans le carton recyclé. Elles proviennent principalement d’anciennes encres d’impression présentes dans les papiers collectés pour recyclage. On distingue :

  • Les hydrocarbures d’huiles minérales saturés (MOSH).
  • Les hydrocarbures d’huiles minérales aromatiques (MOAH), plus préoccupants sur le plan toxique.

Ces huiles peuvent migrer à toutes les étapes de la chaîne d’approvisionnement : stockage des bobines, transformation, remplissage, transport, rayons. Les aliments les plus touchés sont souvent les produits secs à longue durée de vie :

  • Céréales pour petit-déjeuner.
  • Riz, farines, semoules.
  • Pâtes alimentaires.

Des études, notamment de l’institut BRF (2010, 2013) et des alertes d’ONG comme FoodWatch (2015), ont mis en évidence des cas de contamination mesurable. Ces données ont poussé de nombreux acteurs à utiliser des barrières fonctionnelles (sachets internes, revêtements spécifiques) ou à privilégier des qualités de carton à faible teneur en huiles minérales.

« Les tests ont montré la présence de MOAH dans plusieurs produits courants conditionnés en carton, incitant les industriels à revoir leur politique d’achat de carton recyclé et de barrières fonctionnelles. » – Synthèse d’alertes FoodWatch 2015

Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont des composés lipophiles capables d’entrer et de persister dans la chaîne alimentaire. Certains HAP sont classés comme cancérogènes ou perturbateurs endocriniens. Les contrôles portent notamment sur :

  • Benzo(a)pyrène.
  • Benzo(a)anthracène.
  • Benzo(b)fluoranthène.
  • Chrysène.

Les HAP n’émanent pas uniquement du carton lui-même, mais aussi des processus de fabrication, des encres ou des sources externes de pollution. La réglementation se renforce progressivement sur ces composés, ce qui incite les fabricants d’emballages à renforcer les contrôles internes et à exiger des certificats détaillés de leurs fournisseurs.

PFAS : substances persistantes et encadrement renforcé

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont parfois utilisés pour conférer une barrière aux graisses ou à l’eau aux emballages en papier et en carton, y compris pour des usages alimentaires (boîtes à pizza, emballages de restauration rapide, papiers sulfurisés). Ces substances sont qualifiées de « produits chimiques éternels » en raison de leur forte persistance dans l’environnement et de leur faible biodégradabilité.

Les effets sanitaires associés incluent :

  • Perturbations hormonales.
  • Atteintes du système immunitaire.
  • Troubles hépatiques.
  • Association avec certains cancers.

Les PFAS non polymères présentent une toxicité plus marquée, tandis que les PFAS polymériques, bien que moins toxiques, suscitent des controverses sur leur usage massif. En 2026, ces substances restent encore largement utilisées, mais leur interdiction ou restriction ciblée progresse, notamment pour le carton alimentaire et le papier sulfurisé.

Point réglementaire sensible : certains emballages biosourcés ou porteurs de labels écologiques intègrent malgré tout des revêtements contenant des PFAS pour garantir les performances barrières. L’argument « naturel » ne suffit pas à garantir l’absence de substances persistantes, d’où la nécessité de fiches techniques précises et de déclarations de conformité détaillées.

Autres substances surveillées : BPA, retardateurs de flamme, nitrosamines

Le bisphénol A (BPA) reste avant tout associé aux plastiques et à certains revêtements internes de boîtes ou films. Classé perturbateur endocrinien, il fait l’objet de restrictions strictes dans de nombreux usages alimentaires. Dans le carton, le risque provient surtout d’éventuels revêtements spécifiques ou de couches de plastiques imprimés.

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Les retardateurs de flamme bromés (HBCDD, PBB, TBBPA) concernent certains emballages composites ou des éléments de calage réutilisés plutôt que le carton standard alimentaire. Leur présence reste toutefois surveillée, en particulier lorsque des composants plastiques, mousses ou textiles sont associés au carton.

Les nitrosamines sont des composés génotoxiques très probablement cancérigènes, issus de réactions entre nitrites et amines. Elles se rencontrent davantage dans certains aliments transformés (charcuterie, salaisons, bières, fromages, boissons alcoolisées) que dans le carton lui-même. La vigilance porte néanmoins sur les conditions de transformation et de stockage qui peuvent favoriser leur formation.

Microplastiques et nanomatériaux associés aux emballages

Les microplastiques résultent principalement de la dégradation de plastiques présents dans l’environnement ou dans les chaînes de transformation. En 2026, aucune réglementation européenne spécifique n’encadre encore précisément les microplastiques dans les denrées alimentaires, même si l’EFSA suit le sujet de près.

Les sources de contamination identifiées touchent notamment :

  • Fruits de mer et poissons exposés à la pollution marine.
  • Sel de mer.
  • Eaux en bouteille.

Les nanomatériaux, utilisés comme additifs ou issus de la migration de certains emballages, relèvent d’un cadre réglementaire spécifique. Le règlement (UE) 2015/2283 impose une procédure d’évaluation détaillée pour ces substances. Dans le domaine du carton alimentaire, ces questions se posent surtout lors de l’intégration de couches barrières innovantes ou d’additifs techniques.

Exigences de sécurité sanitaire : migration, tests et documentation

Les normes relatives à l’emballage alimentaire en carton reposent sur un principe central : la maîtrise de la migration de substances depuis l’emballage vers l’aliment. Cette démarche combine des essais de laboratoire, des simulations et une documentation réglementaire exhaustive.

Migration globale et migration spécifique

Deux notions structurent l’évaluation :

  • Migration globale : quantité totale de substances migrantes depuis l’emballage vers un simulant alimentaire. Elle permet d’évaluer le niveau général d’inertie du matériau.
  • Migration spécifique : mesure de composants ciblés (huiles minérales, HAP, métaux lourds, monomères, additifs) avec des limites réglementaires définies ou des valeurs de référence internes.

Les laboratoires spécialisés reproduisent des conditions de contact (température, durée, nature de l’aliment) pour confirmer que l’emballage respecte les limites fixées par la réglementation ou par les distributeurs. Ces tests débouchent sur des rapports d’essais et des certificats de conformité transmis tout au long de la chaîne.

Déclaration de conformité et traçabilité réglementaire

Les metteurs sur le marché d’emballages alimentaires en carton doivent produire une déclaration de conformité (DoC) détaillant :

  • Le type de matériau (carton vierge, recyclé, multicouche).
  • Les substances intentionnellement ajoutées (encres, vernis, colles, barrières).
  • Les résultats d’essais de migration ou d’analyses spécifiques.
  • Les restrictions d’usage (types d’aliments, température, durée de contact).

Cette documentation accompagne l’emballage depuis le papetier jusqu’au conditionneur, puis jusqu’aux distributeurs qui peuvent exiger des compléments d’information. Une traçabilité claire réduit les risques lors d’un contrôle officiel ou d’un audit client.

« L’acheteur d’emballages alimentaires en carton reste responsable de la mise sur le marché. Il doit s’assurer que tous ses fournisseurs lui fournissent les preuves de conformité nécessaires, y compris l’actualisation en cas de modification de formulation. » – Synthèse d’obligations issues du Règlement (CE) n°1935/2004

Conception d’emballages alimentaires en carton conformes aux normes

La conformité réglementaire d’un emballage alimentaire en carton ne se limite pas au choix du matériau. Elle résulte d’un ensemble de décisions de conception structurelle, de choix d’encres et de vernis, de paramétrage des machines de conditionnement et de définition de l’usage final (aliment ciblé, durée de conservation, chaîne du froid).

Choix du type de carton : fibres vierges, recyclées, multicouches

Le choix de la qualité de carton influe directement sur la sécurité sanitaire et la performance environnementale :

  • Carton à fibres vierges : adapté aux contacts directs avec les aliments sensibles, limite le risque de contaminants issus des papiers recyclés, mais consomme davantage de ressources forestières.
  • Carton recyclé : valorise les déchets papier-carton, convient à de nombreux aliments secs, mais nécessite une maîtrise pointue des huiles minérales et autres contaminants potentiels.
  • Structures multicouches : combinent fibres vierges côté aliment et fibres recyclées côté extérieur, pour un compromis entre sécurité et impact environnemental.

Les normes n’interdisent pas l’usage de carton recyclé en contact alimentaire, mais exigent une analyse de risque documentée, des barrières fonctionnelles appropriées et des contrôles réguliers.

Astuce de conception : pour des aliments secs de longue conservation (riz, pâtes, céréales), l’association carton recyclé + sachet interne barrière limite efficacement les migrations tout en conservant un taux élevé de matière recyclée dans l’emballage extérieur.

Encres, vernis, colles : zones critiques de la norme

La réglementation sur les encres d’impression, les vernis et les colles appliqués sur le carton concerne directement la migration de substances non intentionnelles (NIAS) vers les aliments. Les choix techniques influencent :

  • La présence éventuelle de solvants résiduels.
  • La formation de produits de dégradation sous l’effet de la chaleur ou de la lumière.
  • La compatibilité avec les filières de recyclage.

Les conditionneurs veillent à travailler avec des imprimeurs répondant à des référentiels BPF stricts, et exigent des spécifications détaillées sur les encres à faible migration, les vernis à base aqueuse et les colles adaptées au contact indirect alimentaire.

Performances barrières et compromis réglementaires

Les exigences de conservation (DLC, DDM), de résistance aux graisses ou à l’humidité conduisent souvent à intégrer des couches barrières sur le carton : film PE fin, revêtement aqueux, dispersion polymérique, traitement spécifique. Chaque solution modifie :

  • Le profil de migration potentielle.
  • La recyclabilité réelle du matériau.
  • Le bilan carbone et la masse globale d’emballage.

Les normes actuelles n’interdisent pas ces couches, mais imposent une justification technique, des essais de migration ciblés et une analyse de la fin de vie. Le PPWR renforce ce raisonnement en introduisant des critères de recyclabilité minimale qui pénalisent les structures trop complexes.

Organisation industrielle, audits et relation avec les fournisseurs

Mettre sur le marché des emballages alimentaires en carton conformes aux normes suppose une organisation structurée entre services internes et partenaires externes. Les processus qualité, les audits et la sélection des fournisseurs jouent un rôle déterminant.

Rôle des fournisseurs de carton et d’emballages

Le choix d’un fournisseur d’emballage carton déterminé, capable de fournir des preuves de conformité complètes, pèse directement sur la sécurité et la pérennité des gammes. Les critères retenus incluent :

  • Maîtrise des matières premières (fibres, additifs, encres, vernis).
  • Certification des sites (BRCGS Packaging, ISO 22000, FSSC 22000, ISO 9001).
  • Capacité à fournir des déclarations de conformité détaillées et actualisées.
  • Maîtrise de la chaîne logistique pour limiter les contaminations croisées.

Une relation partenariale permet d’ajuster progressivement les formulations et les structures d’emballage afin de suivre les évolutions réglementaires, notamment celles liées au PPWR et aux restrictions de certaines substances (PFAS, MOAH, etc.).

Audits, contrôles internes et plans de surveillance

Les industriels qui conditionnent des aliments en carton mettent en place des plans de surveillance adaptés :

  • Audits réguliers chez les imprimeurs, cartonneries et façonniers.
  • Contrôles à réception sur les bobines, les étuis, les barquettes.
  • Analyses en laboratoire sur des lots finis pour vérifier la migration globale ou spécifique.
  • Suivi des évolutions réglementaires et mise à jour des cahiers des charges.

Cette organisation évite de découvrir une non-conformité lors d’un contrôle officiel ou d’un rappel produit, situation toujours coûteuse sur les plans économique et d’image de marque.

Emballages alimentaires en carton personnalisés et contraintes réglementaires

Le recours à l’emballage carton personnalisé se généralise : impression haute définition, finitions, vernis sélectifs, découpes originales. Ces choix marketing renforcent la visibilité en rayon, mais ajoutent des contraintes réglementaires qu’il faut gérer avec rigueur.

Personnalisation graphique et encres à faible migration

Personnaliser un emballage alimentaire en carton suppose une sélection stricte des systèmes d’impression :

  • Encres à faible migration pour les faces susceptibles d’être en contact indirect avec l’aliment.
  • Vernis de protection compatibles avec le contact alimentaire indirect.
  • Procédés numériques ou offset maîtrisés pour limiter les solvants résiduels.

La tendance vers des décors très couvrants, des aplats de couleur intenses et des finitions multiples ne reste acceptable qu’avec une maîtrise rigoureuse de la composition chimique des encres, des vernis et des colles utilisés. Les normes imposent d’éviter toute situation dans laquelle un composant d’encre se retrouve en contact direct avec l’aliment, par défaut de barrière ou inversion de bobine.

Formes, découpes, fonctionnalités et sécurité

La personnalisation passe également par le design structurel : fenêtres, poignées, languettes, systèmes d’ouverture facile, inserts. Ces éléments peuvent introduire :

  • Des zones de contact différenciées avec l’aliment.
  • Des matériaux additionnels (films, métallisations, adhésifs).
  • Des risques de déchirure ou de libération de particules.

Les normes de sécurité imposent de garantir la stabilité mécanique, l’absence d’arêtes coupantes, et la résistance au transport et à la manutention. En parallèle, les exigences de recyclabilité poussent à limiter les fenêtres plastiques non séparables ou à opter pour des solutions monomatériau en carton bien identifiées par les centres de tri.

Stratégies d’écoconception pour un emballage carton conforme et performant

Les normes sur l’emballage alimentaire en carton convergent avec les objectifs d’écoconception : réduire la masse, limiter les substances préoccupantes, favoriser le recyclage, tout en garantissant la sécurité sanitaire et la fonctionnalité. La rationalisation des gammes d’emballages devient un axe majeur pour les industriels.

Allègement, simplification et standardisation des formats

Plusieurs leviers d’écoconception renforcent en même temps la conformité aux normes :

  • Réduction du grammage du carton tout en maintenant la résistance nécessaire.
  • Suppression des éléments décoratifs non indispensables (fenêtres plastiques, éléments rapportés).
  • Standardisation de formats afin d’optimiser les chutes et le taux d’utilisation de la plaque.

Ces actions diminuent directement la quantité de déchets générés, contribuent aux objectifs de réduction à horizon 2030, 2035 et 2040 et simplifient les dossiers de conformité.

Optimisation des flux logistiques et impact carbone

Les normes environnementales ne se limitent pas à la fin de vie de l’emballage. Le transport, le stockage et la palettisation influencent significativement le bilan carbone global. Un emballage carton professionnel bien conçu permet :

  • Une palettisation dense, réduisant le nombre de camions nécessaires.
  • Une meilleure protection des produits, limitant la casse et le gaspillage alimentaire.
  • Une manipulation plus efficace en entrepôt et en magasin.

Un carton plus résistant évite des sur-emballages de protection en aval. Cette démarche s’aligne avec les attentes des distributeurs qui exigent de plus en plus une justification détaillée de la performance environnementale des emballages, parallèlement à la conformité réglementaire stricte.

En synthèse opérationnelle : la conformité aux normes d’emballage alimentaire en carton repose sur un triptyque : sécurité sanitaire (maîtrise des substances et de la migration), performance environnementale (recyclabilité, réduction des déchets, contribution aux objectifs PPWR) et robustesse industrielle (fournisseurs fiables, documentation solide, écoconception pragmatique). L’alignement de ces trois volets structure la stratégie emballage à moyen terme.

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